Le Nouvel Esprit Public
Philippe Meyer
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Bada : Aymar du Chatenet, spécialiste de René Goscinny
Épisodes
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Aymar du Chatenet et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 mai 2026. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 30 octobre 2026. Avec cette semaine : Nicolas Baverez, essayiste et avocat. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova. Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. PARIS, MILAN, MADRID, BRUXELLES … : LA RÉVOLTE DE LA JEUNESSE EUROPÉENNE : CAUSES ET REMÈDES La jeunesse européenne se soulève depuis plusieurs semaines aux quatre coins de l’Europe. Dans les cortèges belges et italiens, mais aussi espagnols, portugais, néerlandais, allemands, autrichiens, irlandais ou serbes, la jeunesse européenne dénonce la hausse des coûts de scolarité et scande désormais un slogan : « faisons comme en France ». Au-delà de la France et de l’Italie, la colère se propage, plus ou moins éruptive, convergeant parfois avec celle de manifestants plus âgés, syndicalistes, travailleurs sociaux, personnel médical … En ce début d’automne, les jeunes Espagnols, Portugais et Grecs ont protesté contre « le prix inabordable des loyers ». Les Belges, eux, ont défilé pour le pouvoir d’achat et contre le manque de moyens à l’école. Il y a aussi eu des rassemblements à l’Est, où depuis le printemps, les jeunes, notamment albanais et serbes, vitupèrent autant contre leur horizon bouché que contre la corruption des dirigeants. Aux Pays-Bas et en Allemagne, des initiatives étudiantes prévoient des mobilisations dans les semaines à venir contre le service militaire obligatoire, qui pourrait être rétabli. En France, les manifestations ont été émaillées d’actes de violence et de vandalisme, qui ont fini par échapper au contrôle des autorités. La situation a également dégénéré sévèrement en Italie, notamment à Milan. Des débordements d’une telle ampleur n’ont pas été vus ailleurs. L’encadrement syndical plus important dans la péninsule ibérique pourrait expliquer en partie le bon déroulement des rassemblements, mieux canalisés. En France, le taux de syndicalisation est parmi les plus faibles de l’OCDE. La mobilisation des jeunes pourrait aussi se traduire dans les urnes. Alors que des élections cruciales se profilent dans toute l’Europe – le 25 octobre en Serbie, fin novembre en Espagne, au printemps en Italie et en France, mais aussi dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le plus peuplé d’Allemagne –, la Gen Z annonce qu’elle votera de préférence pour des partis qui n’ont jamais gouverné. En France, un sondage OpinionWay du 15 octobre annonce que les 18‑24 ans comptent voter à 28 % pour le RN et à 49 % pour LFI. Mais la place des jeunes dans la population française diminue. Le pays vit un basculement générationnel majeur : si longtemps, les jeunes ont été plus nombreux que les seniors, en 2026, les plus de 65 ans sont presque aussi nombreux que les moins de 20 ans, et la dynamique d’inversion va s’amplifier, nous dit l’Insee. Face à un mouvement hybride, déstructuré et spontané qui s’est mobilisé et organisé sur les réseaux sociaux, les gouvernants européens sont souvent désemparés. Les pays dont la dette publique explose peinent à trouver des réponses aux revendications. Sont concernés notamment la France, la Belgique, la Grèce, l'Italie, l'Espagne ou encore le Portugal, malgré une réduction de cette dette depuis 2024. En France, une nouvelle journée d’action est annoncée pour le 5 novembre. ISRAËL : L’INCERTITUDE Au lendemain d’un scrutin législatif marqué par une participation élevée (77,7%) au plus haut depuis 1999, la coalition sortante, appuyée par quatre partis d’extrême droite nationaliste et religieuse, au pouvoir depuis 2022 menée par Benjamin Netanyahou passait de 64 sièges il y a quatre ans à 53 sièges, après le dépouillement de 85 % des suffrages. Le bloc d’opposition, conduit par l’ancien chef d’état-major Gadi Eizenkot n’obtenait que 48 députés. La Knesset, chambre unique du parlement israélien, compte 120 sièges. Une majorité de 61 députés est donc nécessaire pour gouverner. Les seuls vainqueurs du scrutin sont les partis dits « arabes ». Grâce à une participation en très forte hausse dans les villes où habite une majorité d’Arabes israéliens – aussi appelés Palestiniens d’Israël –, leurs deux listes pourraient totaliser, 19 sièges, soit près du double de leurs résultats en 2022. Pour la première fois dans l’histoire du pays, leur représentation politique se rapproche de leur poids réel dans l’électorat (20 %), et bouscule les équilibres politiques. Les Arabes israéliens pèseront plus lourd que l’extrême droite d’Itamar Ben Gvir et de Bezalel Smotrich ou que les ultraorthodoxes. Si le bloc d’opposition partage avec les deux listes arabes une même dénonciation du bilan et des pratiques politiques de Benyamin Nétanyahou, il est traversé de courants très différents : les Démocrates de Yaïr Golan (gauche) ont publiquement appelé à une alliance avec les formations arabes. Le parti Yashar ! de Gadi Eisenkot n’a pas, initialement, exclu l’hypothèse d’un rapprochement. En revanche, Israël Beitenou, dirigé par Avigdor Lieberman, en a fait une ligne rouge explicite. Sans les partis arabes, l’opposition risque de ne pas pouvoir gouverner ; en acceptant leur soutien, elle pourrait perdre une partie de son électorat. La coalition de Benjamin Nétanyahou pourrait avoir du mal à élargir sa majorité à 61 sièges. Il lui faudrait pour cela conclure une alliance avec un parti de l’opposition, ce qui suppose de trouver un terrain d’entente sur des points clefs, comme la création d’une enquête sur le 7 octobre, ou la conscription des ultraorthodoxes. Les résultats définitifs seront publiés le 4 novembre. Le président, Isaac Herzog, devra ensuite confier au leader le plus capable, selon lui, la tâche de former un nouveau gouvernement. Plusieurs scénarios sont sur la table : la formation d’une coalition pour atteindre la majorité, un gouvernement d’union nationale, un gouvernement minoritaire qui s’appuierait sur des soutiens ponctuels ou la convocation de nouvelles élections qui devraient être organisées d’ici au printemps 2027. En attendant, Benyamin Netanyahou restera Premier ministre. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Florence Méaux et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 18 septembre 2026. 2 / 2 : Dans ce nouveau bada, Florence Méaux et Philippe Meyer se promènent - métaphoriquement ! - le long du boulevard Raspail, pour s'attarder au numéro 216, où se dresse le Studio Raspail. Réinventé par Florence Méaux, ce haut lieu de l'art déco, théâtre américain construit par Helena Rubinstein devenu un cinéma, accueille de nouveau des représentations de tout genre, avec comme seul souci la qualité de l'expression artistique. Dans ce second épisode, nous revenons sur le projet porté par Florence Méaux dans la reprise de ce studio, sa vision de la programmation et de l'entrelacement des arts permis dans ce lieu ainsi que sur les prochaines actualités de ce monument ressuscité. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 16 octobre 2026. Avec cette semaine : Fabrice Fries, PDG de l’Agence France Presse. Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova. Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. L’INFORMATION À L’HEURE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, AVEC FABRICE FRIES Comme le prouve le rapport du Reuters Institute de 2026, l’Intelligence artificielle bouscule tous les secteurs, et en premier lieu peut-être celui de l’information : 10% des sondés dans 48 pays utilisent un chatbot quotidiennement, et seuls 17% acceptent de payer pour accéder à une information de qualité, alors que 62% des personnes craignent la désinformation. Ce rapport montre également que pour la première fois de l’histoire la plupart des sondés passent par une plateforme intermédiaire (chatbot IA, réseau social …) pour accéder à l’information, ce qui hyper-personnalise cette dernière et rend le travail des journalistes de plus en plus invisible. Ces derniers perdent non seulement en visibilité mais aussi en revenu : déjà paupérisés depuis l’arrivée des réseaux sociaux et la fin de leur contrôle sur la diffusion de l’information, les journalistes n’ont désormais plus le monopole de la production d’information. Devenu liquide, l’information n’a plus de forme précise, peut d’un texte devenir un audio voire une vidéo avec un simple clic. Non seulement les journalistes n’ont plus le contrôle de la production, mais les machines deviennent également les principales lectrices de l’information, pouvant désormais fonctionner en boucles autonomes. À quoi bon les journalistes aujourd’hui alors ? « Pendant longtemps, le journalisme a été défini par ce qu’il produisait. À l’ère de l’IA, il sera de plus en plus jugé sur ce qu’il garantit : des faits établis, des méthodes transparentes, une chaîne de responsabilité identifiable. Y parvenir ne dépend que de l’homme, pas de la machine. C’est ce qui rend la transformation en cours passionnante. » C’est par ces mots que se concluait une tribune parue dans Le Monde le 2 juin dernier, intitulée : « Avec l’IA, la machine devient un public du journalisme, et même son premier lecteur ». Fabrice Fries, vous êtes l’auteur de cette tribune, qui cherche à dresser le bilan de la révolution historique que nous vivons. En tant que président-directeur général de l’AFP, vous êtes en effet aux premières loges de la déshumanisation de l’information, un processus qui a atteint un tel point qu’on peut aujourd’hui interviewer une IA sur ses méthodes mais aussi ses représentations, comme l’a fait un journaliste de TTSO avec l’IA Claude le 2 octobre dernier. À la croyance que cette déshumanisation peut être totale, que tout peut – doit ? – être délégué à l’IA, vous répondez que les journalistes sont et seront toujours aussi importants, si ce n’est plus : gardiens de la vérité dans une chaîne de responsabilité complète, ils peuvent et doivent continuer leur tâche de veilleurs de la démocratie, dans un monde qui s’est profondément transformé en quelques années. Pour reprendre vos mots, l’IA n’est « ni une fatalité technologique ni une nécessité économique, n’est pas un projet informatique », mais une réalité qui, comme toutes les autres, s’ouvre à l’ingéniosité comme à la responsabilité humaines. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Florence Méaux et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 18 septembre 2026. 1/2 : Dans ce nouveau bada, Florence Méaux et Philippe Meyer se promènent - métaphoriquement ! - le long du boulevard Raspail, pour s'attarder au numéro 216, où se dresse le Studio Raspail. Réinventé par Florence Méaux, ce haut lieu de l'art déco, théâtre américain construit par Helena Rubinstein devenu un cinéma, accueille de nouveau des représentations de tout genre, avec comme seul souci la qualité de l'expression artistique. Dans ce premier épisode, nous revenons sur l'histoire du lieu et les caractéristiques de ce studio unique, vestige d'une vie et d'un monde parisiens aujourd'hui disparus. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 16 octobre 2026. Avec cette semaine : Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique. Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique. LA GAUCHE, COMBIEN DE DIVISIONS ? Avec plus de 66% des suffrages, soit environ 79.000 voix sur 134.000 inscrits, Raphaël Glucksmann a remporté, dès le premier tour, la primaire sociale-démocrate organisée le11 octobre par le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste. Ce score marque une large approbation par les électeurs de la gauche modérée de ce qu’incarne le député européen (Place publique) : discours pro-européen, écologiste, soutien indéfectible à l’Ukraine et, surtout, refus de toute alliance avec La France insoumise (LFI) et son dirigeant, Jean-Luc Mélenchon. Derrière lui, Olivier Faure a rassemblé 14,5 % des votes, Ségolène Royal 7,6%, puis Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj au coude à coude, en dessous des 6%. Le candidat va désormais devoir rassembler son camp et préciser son positionnement. Les défis s'amoncellent déjà à l'orée de sa campagne pour 2027. À commencer par l'espace à laisser à ses anciens concurrents. Évincé dès le premier tour, le patron du PS soutient le gagnant du bout des lèvres. Sa défaite en rase campagne signe l'effacement de son parti. Lors des débats pour la primaire, le ton est monté sur l’international avec l’Ukraine et Gaza, et surtout, sur la question des alliances avec LFI qui est apparue comme le clivage majeur entre les cinq compétiteurs. Les divergences, rivalités et divisions au sein de cette gauche sont telles que Raphaël Glucksmann n'aura pas dès maintenant campagne facile. Il fait le pari de réinstaller le vocable « social-démocrate » dans la campagne. Un concept devenu en 2026 une tentative de société du compromis, une pratique plus horizontale du pouvoir pour adapter nos vies aux impératifs sociaux et écologiques du moment. Pour l’instant, ce terme de « social-démocratie » reste flou dans l’esprit des Français et agit comme un repoussoir pour une partie de l’électorat de gauche. En outre, Raphaël Glucksmann devrait trouver François Hollande sur son chemin. Dans la reconstruction actuelle de la gauche, pour gagner, l'eurodéputé promet qu'il sera le « candidat de la justice sociale et fiscale, de la révolution écologique et de la démocratie », mais aussi celui de « la rupture avec le macronisme ». Selon un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche publié le 3 octobre, soit avant le vote, 72% des Français « doute des chances » du candidat désigné par la primaire à gauche de se qualifier. Président de l'institut Cluster17, Jean-Yves Dormagen souligne qu'« il y a plus d'électeurs qui hésitent entre Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann qu'entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. » Et le sondeur de conclure, sans appel : « Les marges de progression du vainqueur de la primaire sont plus importantes dans l'espace modéré et central qu'au sein de l'électorat de la gauche mélenchoniste ». LE DÉSORDRE HOUTHI Le 11 septembre, à l’issue d’une offensive éclair, les insurgés houthis, pro-iraniens, ont pris le contrôle de l’ensemble du littoral yéménite de la mer Rouge, après s’être emparés du stratégique détroit de Bab el-Mandeb. En verrouillant ce point de passage au sud de la péninsule arabique qui voit transiter vers le canal de Suez quelque 20.000 navires par an, selon le Centre national d’études spatiales, les Houthis, offrent à l’Iran, une influence sur les deux principales routes d’exportations du pétrole du Moyen-Orient, avec le détroit d’Ormuz. Les houthistes sont issus d’un mouvement né dans les années 1990, à Saada, dans le nord-ouest pauvre du Yémen, près de la frontière saoudienne. Il visait à protéger le zaïdisme – une branche minoritaire de l’islam chiite minoritaire dans le pays – et à réaffirmer une identité religieuse et culturelle fragilisée par l’essor de réseaux sunnites radicaux, salafistes et wahhabites, importés d’Arabie saoudite avec le soutien des autorités de la capitale, Sanaa. À partir de 2004, ses combattants se sont insurgés contre le pouvoir central. Dotés d'une branche politique et d'une branche armée, ils ont pris Sanaa, la capitale, en 2014 et contrôlent des territoires où vit la grande majorité de la population, tandis que les forces gouvernementales, reconnues par la communauté internationale, tiennent une superficie plus vaste mais moins peuplée. Entre 2014 et 2022, une coalition menée par Riyad en appui au gouvernement central yéménite, a tenté, sans succès, de repousser les Houthis, qui ont renforcé leurs capacités balistiques et de drones, avec l’appui de Téhéran. Après les attaques du Hamas, le 7 octobre 2023, le mouvement houthi a changé de dimension. Relégué autrefois au rang de guérilla de montagne, il s’est transformé en une puissance régionale comptant environ 350.000 combattants, capables de paralyser les routes maritimes et d’ébranler les marchés internationaux. Au nom du soutien à Gaza, ses combattants tirent missiles et drones vers Israël et s’en prennent au trafic maritime en mer Rouge. Depuis cet été, ils mènent des attaques régulières contre l’Arabie saoudite ses installations pétrolières, ses infrastructures civiles et stratégiques, y compris des ports essentiels, comme Yanbou, et ses aéroports. Le 10 octobre, 13 personnes ont été tuées et 309 blessés dans une attaque revendiquée par les Houthis contre l'aéroport de Riyad. Les Saoudiens se démènent pour faire de la lutte contre les houthistes un enjeu international. Ils ont été déçus par l’allié américain qui a refusé de frapper les houthistes et pris langue avec ces derniers en septembre. Toutefois, l’armée américaine fournit à Riyad une aide de renseignement et de ciblage, et ravitaille des avions en vol. L’Arabie saoudite a obtenu un soutien défensif de la France et de la Grande-Bretagne tandis que le pacte de La Mecque, signé le 7 août avec le Pakistan et la Turquie, a finalement été activé le 5 octobre. Il devrait cependant se cantonner à des opérations défensives. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Jérôme Lachasse, Marc-Olivier Padis et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 29 mai 2026. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Chers auditrices et auditeurs, Nous nous réjouissions de poursuivre avec Sciences Po notre collaboration en enregistrant une émission thématique ce vendredi 16 octobre avec le président de l'AFP, Fabrice Fries, autour du thème : « l'information à l'heure de l'intelligence artificielle ». Malheureusement, cet enregistrement en public n'aura pas lieu, ou plus exactement il n'aura pas lieu en public car j'ai reçu de Sciences Po un courriel me précisant que leur bâtiment serait fermé jusqu'au lundi 19 octobre au moins, je pense qu'il n'est pas nécessaire de vous expliquer les raisons de cette fermeture. Nous poursuivrons notre collaboration avec Sciences Po, notamment le 20 novembre, peut-être aussi plus tôt, je vous tiendrai au courant, quoi qu'il en soit, malheureusement : PAS D’ÉMISSION EN PUBLIC CE VENDREDI, c'est en studio que nous enregistrerons avec Fabrice Fries autour du thème que je vous ai indiqué. Bien cordialement à vous, Philippe Meyer. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 9 octobre 2026. Avec cette semaine : Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique. Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors. Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova. ÉMEUTES LYCÉENNES : MOBILES, MODALITÉS, RÉPONSES Il aura fallu à peine dix jours pour qu’un blocage, organisé le 21 septembre dans un lycée de Créteil afin de dénoncer des postes vacants, fasse tache d’huile dans la banlieue parisienne, avant de gagner tout le pays. Des milliers de lycéens manifestent depuis en banlieue, dans la capitale, dans les grandes villes, et dans de plus petites communes. Ils se mobilisent majoritairement dans le public, mais aussi dans le privé ; en voie générale et technologique comme au lycée professionnel. Les lycéens conspuent, pêle-mêle, un manque de personnel, des enseignants non remplacés, des « classes à 35 élèves », des emplois du temps trop chargés, la plateforme Parcoursup qui « décider[ait] de leur avenir », ou encore des bâtiments vétustes. Du fait des réseaux sociaux, c’est une mobilisation très horizontale, qui n’a plus grand-chose à voir avec les mouvements lycéens historiques. Les modes d’action sont aussi plus radicaux. Le blocage est utilisé en première intention, alors qu’avant c’étaient les appels à manifester qui scandaient les mouvements. Mardi, 450.000 personnes selon les organisations syndicales et étudiantes, 266.000 selon l'Intérieur, ont défilé partout en France. Les deux premières semaines de la contestation ont été émaillées de violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre : plus de 6.000 interpellations ont eu lieu, essentiellement des mineurs. Mardi, le décompte officiel établissait un record d’au moins 215 élèves, 85 personnels de l’éducation et 750 gendarmes ou policiers blessés. Le politiste Vincent Tiberj explique, dans Le Monde, comment, avant même de chercher à amorcer un dialogue, le gouvernement a géré les rassemblements lycéens comme s’il s’agissait d’émeutes urbaines. Des chercheurs comme Sebastian Roché et Olivier Fillieule ont montré que, depuis les manifestations contre la loi El Khomri, en 2016, une bascule s’est opérée dans la gestion policière des manifestations. Les tactiques se sont durcies, le recours à l’affrontement direct avec les manifestants est devenu systématique. Nos policiers sont de plus en plus armés. Face à la mobilisation lycéenne, le ministre de l’Éducation nationale a lancé lundi une « plateforme de consultation » en ligne pour recueillir la parole des lycéens. Mardi, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a annoncé la suspension des cours au lycée en fin de semaine pour organiser un « temps de démocratie interne » avec les élèves. Mercredi, le ministre de l’Intérieur a déclaré suspendre temporairement l'utilisation des grenades assourdissantes. Mercredi soir, dans une allocution télévisée, Sébastien Lecornu a exprimé une forme de compréhension vis-à-vis du mouvement des lycéens, prévenant toutefois qu’il ne pourrait pas répondre à leurs principales revendications. À l’approche des vacances scolaires de la Toussaint, qui débutent le 17 octobre, le Premier ministre a annoncé que « les premières décisions du gouvernement seront présentées à la fin du mois ». ENJEUX DE L’ÉLECTION BRÉSILIENNE Au Brésil, lors du premier tour des élections présidentielles le 4 octobre, Flavio Bolsonaro, le candidat d’extrême droite, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, a obtenu 47 % des votes, contre 45 % pour l’actuel président, Luiz Inacio Lula da Silva qui à 81 ans brigue un quatrième mandat. Si Lula est vaincu par Flávio Bolsonaro lors du second tour le 25 octobre, le pays tombera dans l'escarcelle de la droite radicale, rejoignant l'Argentine de Javier Milei, le Chili, la Colombie et le Pérou, sous le regard approbateur de Donald Trump. L’élection pourrait reconfigurer tout le panorama politique de la droite sud-américaine, et avec lui l’avenir du Mercosur, la politique climatique en Amazonie, et l’équilibre des relations entre les États-Unis, la Chine et les Brics. Lors de la campagne du premier tour, quatre thèmes ont dominé : l’insécurité, malgré le recul des homicides ; le coût de la vie, sur fond de croissance faible ; la corruption, avec un scandale bancaire éclaboussant les élites ; et la souveraineté nationale, remise au premier plan par les sanctions et les droits de douane américains. Au regard du bilan de son troisième mandat – un taux de chômage ramené à 5,3 %, 14 millions de personnes sorties de la pauvreté, et la réduction de moitié du taux de déforestation de l’Amazonie – Lula espérait aborder le scrutin en position de force. Il a notamment centré sa campagne sur la défense de la souveraineté face aux pressions de Donald Trump, qui a infligé plusieurs vagues de surtaxes douanières au Brésil. La proximité du clan Bolsonaro avec le président américain, Donald Trump, suscitait des craintes pour la souveraineté du Brésil. Le sénateur promet d'amnistier son père, condamné à vingt-sept ans de prison pour tentative de coup d'Etat, et tous ceux qui ont participé aux saccages du 8 janvier 2023, peu après le retour de Lula au pouvoir. Il prône une répression sans limite contre le crime et vante les méthodes du président salvadorien, Nayib Bukele. Il a également promis une plus grande rigueur budgétaire, des baisses d'impôts et moins d'Etat. Les Brésiliens ont voté aussi pour leurs gouverneurs, leurs députés fédéraux et ceux des assemblées locales, et les deux tiers du Sénat. Les législatives ont confirmé cette « vague à droite », dans les deux chambres, comme dans les assemblées législatives locales. Si les catholiques, majoritaires, penchent davantage pour Lula, les évangéliques constituent une base importante du bolsonarisme. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. 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Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au Studio Raspail le 4 octobre 2026. Avec cette semaine : Nicolas Baverez, essayiste et avocat. Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales. Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung. 10 ANS, 10 BUDGETS : UN BILAN Dès son arrivée au pouvoir, en 2017, Emmanuel Macron a mis en œuvre une politique de l’offre avec des baisses d'impôts pour stimuler la croissance et le tissu productif de l'Hexagone. À l’époque, la dette au sens de Maastricht n’avait pas encore franchi le seuil des 100 % du produit intérieur brut (PIB). Et le déficit était inférieur à 3 % de la richesse nationale. La politique fiscale du président a engendré, durant la période 2018-2023, une baisse d'impôts (ménages et entreprises) d’une hauteur de 62 milliards d'euros (2,2 points de PIB), selon la Cour des comptes. Mais, revers de la médaille, les gouvernements successifs n'ont pas réalisé, en parallèle, suffisamment d'efforts sur la dépense publique. A cette négligence, s’est ajoutée une succession de crises : Gilets Jaunes, Covid, invasion de l’Ukraine, guerre en Iran. Si ces crises ont alourdi la facture, cependant les choix fiscaux ont également pesé : l’OFCE estime que les décisions durables non financées ont dégradé le déficit structurel. D’autant qu’après la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024, sans majorité, les votes des projets de loi de finances ont viré au chaos et les gouvernements se sont succédés, sans redonner confiance aux milieux économiques. Partie de 98,4% du PIB en 2019, la dette française frôle désormais les 120% du PIB avec 3.595,5 milliards d’euros, tandis que le déficit des administrations peine à redescendre sous la barre des 5%. L’an prochain, la dette publique française devrait atteindre 121,7% du PIB, selon les prévisions du gouvernement. Un record historique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La France est aujourd’hui le troisième pays le plus endetté dans la zone euro, après la Grèce et l’Italie qui emprunte à un taux inférieur au nôtre - aujourd’hui 4,7 % - ce qui alourdira encore le budget 2027. La dégradation des finances publiques française ne passe pas inaperçue en Europe. Pour le dixième et dernier budget de l'ère Macron, le Premier ministre doit faire face à l'envolée des prix de l'essence qui fait repartir l'inflation, à une dette publique à un plus haut historique, sans oublier les tensions internationales. Présenté jeudi, le budget 2027 devrait se traduire par un effort de 43 milliards d’euros. Des économies qui seront en partie absorbées par la charge de la dette. Selon le Haut Conseil des finances publiques, le projet de Sébastien Lecornu repose sur une série d’hypothèses optimistes. Alors que la mobilisation des lycéens dans la rue s’accentue et, comme l’avait écrit Edgar Morin au printemps 1968, « se radicalise et se torréfie » les crédits de l’Éducation nationale qui devraient s’élever à 64 milliards d’euros, soit une augmentation des ressources de 1,2 milliard d’euros paraissent sans rapport avec une réaction qui laisse impuissants le gouvernement et les partis. APRÈS LE CANADA, LE VATICAN DERNIÈRE CHANCE DE L’EUROPE ? Au quatrième jour de sa présence en France, le pape Léon XIV s’est rendu à Metz, aux rencontres intitulées « Aux racines de l'Europe pour la paix et l'unité ». Il a prononcé un discours pour « retrouver les fondements premiers » de la déclaration Schuman de 1950. Dans la liste des étapes proposées il y a plusieurs mois par le cardinal Jean-Marc Aveline, grand ordonnateur de cette visite apostolique, figuraient trois autres cités symboliques : Ars-sur-Formans, Lisieux, et Lyon. Mais Léon XIV a choisi « Metz, à cause de l’Europe ! », a indiqué le cardinal. À Metz donc, le pape a lancé à l’Europe un appel « à sa survie » à travers la « redécouverte de ses racines » et « l'ouverture au dialogue avec l'autre ». Léon XIV a décrit la façon dont l’ensemble de l’Union européenne a appris à fonctionner depuis sa fondation, où chaque accord se fait au prix de compromis parfois difficiles, mais qui permettent de maintenir des relations pacifiques entre pays qui se sont longtemps combattus. Ainsi, l’Europe est présentée comme un exemple pour le maintien de la paix entre ses membres. Il a notamment loué le modèle de réconciliation franco-allemand, rendu possible par l'action de catholiques : la plupart des pères fondateurs étaient des démocrates-chrétiens ou des sociaux-démocrates. La paix, telle que la conçoit Léon XIV, doit être fondée sur le respect du droit international, la poursuite du désarmement, et le multilatéralisme, qui suppose un dialogue continu entre les nations, sur un pied d'égalité. Sans nommer l’Ukraine, le pape Léon XIV a expliqué qu'il « fallait faire preuve de courage dans la négociation » et « être prêt à sacrifier certaines positions pour le bien supérieur de la paix » en Europe. Le pape dit se défendre toutefois d'un « irénisme naïf » et s'inspirer des pères fondateurs de l'Europe. Sur les migrants, comme aux îles Canaries en juin 2026, Léon XIV a réclamé des « voies légales et sûres » : accueillir, c’est intégrer « comme dans sa propre famille ». Le propos tombe trois mois après le vote, au Parlement européen, d’un « règlement retour » qui ouvre la voie à des centres d’expulsion hors de l’Union et deux mois après la crise migratoire à Ceuta. Léon XIV sait que l’année 2027 sera jalonnée de nombreuses élections importantes en Europe. En France, où l’extrême droite menace, il a interpellé des citoyens qui forment « ensemble un peuple au sein duquel la diversité des origines contribue à vivifier la vie démocratique et [à] enrichir l’art de vivre ensemble ». Dans l’avion qui le ramenait à Rome, il a déclaré au sujet de la montée de l’AfD en Allemagne : « On observe une certaine tendance à associer ces points de vue d’extrême droite à une forme particulière de religion », ajoutant que « cela ne constitue pas une expression authentique du christianisme ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Jérôme Lachasse, Marc-Olivier Padis et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 29 mai 2026. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 27 septembre 2026. Avec cette semaine : Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova. LA FLAMBÉE DU PRIX DE L'ESSENCE ET SES CONSÉQUENCES POLITIQUES La flambée des prix des carburants s'est invitée dans l'agenda du Premier ministre, qui met la dernière main à son budget. Elle fait redouter une crise sociale qui percuterait la course à l'Elysée et pourrait profiter au Rassemblement national et à La France insoumise. Face à « une colère immense » en France, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a exhorté à augmenter les salaires et bloquer les prix du carburant, demandant au gouvernement d'arrêter « les cadeaux aux plus riches et aux plus grandes entreprises ». Le gouvernement assure œuvrer pour la « maîtrise des prix », comme le lui a enjoint le 16 septembre, le président de la République. Mais les marges d'action paraissent singulièrement limitées, entre l'état des finances publiques et l'impossibilité d'influer sur le principal facteur de la varation des prix, la guerre au Moyen-Orient. Pour beaucoup de pays, y compris la France, le dilemme est le même : faut-il laisser les consommateurs supporter le fardeau de l'inflation, ce qui nourrit leur ressentiment et pèse sur la croissance, ou prendre des mesures de soutien et charger la barque de finances publiques déjà sous pression? En réalité, les choix économiques dépendent bien souvent des échéances électorales. Or, les politiques le savent, il n'y a jamais loin de la pompe aux urnes. Après une réunion le 18 septembre à l'Elysée avec des chefs de partis et des candidats à la présidentielle, le Président a martelé que les prix de l'énergie étaient dus « intégralement aux guerres». La crise va durer et le prix du pétrole « va rythmer la vie du pays », confirmait Emmanuel Macron devant la presse après la réunion, plusieurs représentants des forces politiques évoquant la probabilité d'un litre d'essence à 3 euros à la fin de l'année. Hanté par la crainte d'un retour des « Gilets jaunes », Matignon a annoncé mardi la prolongation des aides ciblées, réservées aux Français les plus touchés en particulier l'agriculture, le BTP et les pêcheurs. Le nouveau dispositif prévoit une aide de 100 euros pour les gros rouleurs (soit 5,5 millions de Français éligibles contre 3 millions actuellement) et la prolongation du chèque énergie, pour un coût total de 450 millions d'euros. Une réponse trop timorée aux yeux de l'opposition qui réclame des mesures plus ambitieuses pour soulager le pouvoir d'achat tandis que selon un sondage Elabe/BFM, 70% des Français estiment que les mesures d'aides sur le carburant annoncées sont « insuffisantes ». Si le sociologue à l'université de Caen, Patrick Vassort, spécialiste des mouvements sociaux observe qu'« un certain nombre de feux sont au vert pour qu'une mobilisation se constitue », il rappelle toutefois qu'à la veille d'une année électorale, grèves et manifestations ont tendance à ralentir, les citoyens se trouvant dans l'attente des propositions des candidats. LES EUROPÉENS ET L'UKRAINE Alors que l'Ukraine célébrait le 24 août les 35 ans de son indépendance, le Premier ministre britannique, Andy Burnham a choisi de se rendre à Kyiv pour sa première visite à l'étranger avec, le président du Conseil européen Antonio Costa, dont c'était la cinquième visite dans le pays. Andy Burnham n'est pas arrivé les mains vides. Il a annoncé qu'en coordination avec la France et après elle, il avait autorisé le missilier européen MBDA à livrer ses secrets de fabrication à l'Ukraine, afin qu'elle puisse construire sur son sol des missiles de croisière Storm Shadow (qu'on appelle Scalp en France). Depuis Kyiv, Burnham a également coprésidé, en visioconférence, avec le président français et le chancelier allemand, un sommet de la « coalition des volontaires » les 35 pays européens lancée conjointement en 2025 par son prédécesseur Keir Starmer et Emmanuel Macron. Les trois plus grandes puissances européennes considèrent comme contraire à leurs intérêts une victoire de la Russie sur l'Ukraine. Le même jour, la Commission européenne a annoncé débloquer une nouvelle tranche du prêt de 90 milliards d'euros sur deux ans (2026 et 2027) promis à Kyiv ; elle porte sur 6,1 milliards d'euros « pour les systèmes de défense aérienne, les munitions et les radars dont l'Ukraine a un besoin urgent », précise son communiqué. Cette somme s'ajoute aux 16 milliards d'euros déjà débloqués en 2026, dont 8,35 milliards ont été déboursés. Les responsables européens évoquent déjà un nouveau programme d'aide d'une ampleur comparable, qui pourrait être financé par les avoirs russes gelés. Déjà, l’armée de Kyiv utilise les centres logistiques d'autres pays, comme la Pologne, l'Allemagne et la Roumanie, tandis que les entreprises ukrainiennes du secteur de la défense ont installé leur production dans toute l'Europe, avec par exemple une usine de carburant pour missiles balistiques en cours de construction au Danemark. Au Royaume-Uni, le soutien à l'Ukraine est défendu par les différents gouvernements depuis 2022, indépendamment de leur couleur politique, et il reste largement partagé, malgré les critiques de certains partis populistes et d'extrême droite. Au sein de la population aussi, le soutien reste fort, alors qu'une certaine lassitude peut s'observer dans d'autres pays européens. Un sondage YouGov de février 2026 indiquait par exemple que 70% des Britanniques souhaitaient une victoire de l'Ukraine, contre seulement 45% des Français. Les mois qui viennent pourraient voir la victoire de forces électorales plus à l'écoute de la Russie de Poutine dans plusieurs pays clefs de l'Europe. Les partis favorables à Moscou gagnent du terrain, comme en France avec le Rassemblement national ou en Allemagne avec l’AfD. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Jérôme Lachasse, Marc-Olivier Padis et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 29 mai 2026. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 19 septembre 2026. Avec cette semaine : Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur. Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique. Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors. Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. LE CANADA DE MARK CARNEY, DERNIÈRE CHANCE DE L’EUROPE ? En pleine guerre commerciale avec les États-Unis de Donald Trump, le Canada cherche de nouveaux partenaires, tandis que l'Europe, dont les relations avec Washington sont tout aussi houleuses, cherche des appuis à sa stratégie de rééquilibrage entre les deux super-puissances, Chine et États-Unis. Mark Carney dans son discours de Davos du 20 janvier 2026, avait acté le basculement dans un âge des empires fondé sur la coercition. Il y avait exposé le dilemme des puissances moyennes : choisir entre l'autonomie ou la soumission, et proposé une stratégie fondée sur la limitation des dépendances vis-à-vis des empires, la diversification des partenariats et le renforcement de la coopération entre les puissances moyennes. Mercredi, dans son discours annuel sur l’état de l’Union devant le parlement européen à Strasbourg en présence du Premier ministre canadien Mark Carney, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a proposé que le Canada devienne le « premier membre associé » de l'Union européenne. « Nous voyons le monde avec les mêmes yeux : de l’IA au changement climatique, de l’Arctique à la géopolitique », a souligné Mme von der Leyen, appelant Ottawa et Bruxelles à « bâtir » un « avenir commun ». A l’annonce de cette proposition, les eurodéputés se sont levés pour applaudir longuement M. Carney. Jeudi, Mark Carney, a accueilli favorablement, « cette ambition ». S’exprimant à, son tour devant les députés européens, à Strasbourg, il a assuré que « les sondages montrent qu’une écrasante majorité de Canadiens sont favorables à des liens beaucoup plus étroits avec l’Europe ». Pour le Premier ministre canadien le Canada et l’Europe sont « plus forts ensemble » et ils sont liés par des « valeurs communes », non par des « deals », une allusion claire au président américain, Donald Trump. « Le Canada et l’Europe devraient garantir leur autonomie stratégique grâce à une coopération approfondie couvrant l’ensemble des capacités stratégiques », a développé M. Carney, arguant que les deux blocs devraient « œuvrer en faveur d’échanges numériques fluides, ainsi que d’une libre circulation des produits non agricoles et d’une vaste gamme de services. Nous devrions renforcer les liens entre nos populations, en permettant à nos jeunes de travailler, d’étudier et de vivre où ils le souhaitent, de part et d’autre de l’Atlantique », a-t-il déclaré. Pour autant, le Premier ministre canadien a assuré ne pas chercher la construction d’un « troisième bloc pour devenir une grande puissance rivale qui aurait de meilleures manières ». « Nous ne recherchons pas le pouvoir pour dominer autrui. Nos démocraties sont fondées sur l’État de droit », a-t-il souligné, avant de qualifier cette alliance future de « phare pour les démocraties ». COMBIEN D’EXTRÊMES DROITES ? Pour son premier grand discours depuis que la justice lui a rouvert la voie vers l'Élysée, Marine Le Pen a déroulé un programme refermant, point par point, la parenthèse libérale que Jordan Bardella et certains de ses conseillers avaient tenté d'ouvrir, gravant dans le marbre son slogan « ni droite ni gauche ». Pour 2027 elle veut mener « plus que jamais » la « bataille sociale ». Une formule qui sonne comme un désaveu pour ceux qui, en interne, espéraient muscler le versant pro-entreprise du parti. Affichant sa volonté de mettre l’accent sur la « priorité nationale » – « un droit naturel et juste », Marine Le Pen a promis d’appliquer ce principe controversé au logement social, l’un des « grands chantiers » de son potentiel quinquennat. En martelant cette thématique, elle s'est épargnée toute explication sur les polémiques qui ont émaillé la rentrée du RN. C’est à peine si elle a, sur le réseau X, promis de soumettre l’interdiction du voile à un réferendum. Elle n’est pas plus revenue sur la retraite à 62 voire à 60 ans, que sur les saillies racistes et sexistes d'un policier municipal membre du service d'ordre du parti, ou sur la fin de l'aide à l'Ukraine annoncée par le maire de Perpignan, Louis Aliot. Des propos qui viennent rappeler les positions prorusses longtemps tenues par le RN, que n'endosse pas totalement Jordan Bardella. La stratégie du « tandem complémentaire » tenue l'année passée, avec une ligne plus libérale incarnée par Jordan Bardella, et une ligne plus sociale et populiste jouée par Marine Le Pen, prend désormais des allures de duel au sommet. Le 13 septembre, un autre duo à l’extrême droite mettait en scène ses ambitions, et ses possibles rivalités : Sarah Knafo puis Éric Zemmour ont conclu, chacun à leur tour, les universités d'été de Reconquête. Si le chef de la formation, n'a pas encore confirmé sa probable candidature, il a entamé sa rentrée en ciblant son créneau favori, l'islam, se déclarant contre le port du voile dans l’espace public, pour la « remigration » et critiquant sa meilleure ennemie, Marine Le Pen. Tandis qu’Éric Zemmour mise sur l'identitaire, sa compagne, Sarah Knafo combat sur le champ libéral. L'énarque creuse un sillon dans le secteur économique, portant un discours antifiscal, anti-État et techno-capitaliste, inspiré par Elon Musk et les politiques menées en Argentine et au Salvador. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Jérôme Lachasse, Marc-Olivier Padis et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 29 mai 2026. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 11 septembre 2026. Avec cette semaine : Nicolas Baverez, essayiste et avocat. Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique. Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova. LA VICTOIRE DE L'AfD EN SAXE-ANHALT 43,8 % des suffrages exprimés et 77,8% de participation : le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) a obtenu le 6 septembre, dans le Land de Saxe-Anhalt, un score sans équivalent pour un parti d'extrême droite allemand depuis 1945. C'est dans ce même Land qu'en 1932, le Parti national socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), celui par lequel Adolf Hitler est arrivé au pouvoir, réussissait pour la première fois à obtenir une majorité relative et à diriger le gouvernement d'un des quinze Etats constitutifs de la République de Weimar. L'AfD fait plus que doubler son score de 2021. De son côté, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti du chancelier, Friedrich Merz, chute à environ 17%, deux fois moins qu'il y a cinq ans. Toutefois, faute d'obtenir une majorité de sièges, le parti d'Ulrich Siegmund doit désormais trouver des partenaires s'il veut accéder au pouvoir, et appliquer son programme radical. Contrairement à d'autres formations d'extrême droite en Europe, l'AID n'a jamais cherché à se « dédiaboliser ». Son programme prévoit notamment une restriction des conditions de naturalisation, l'abolition du droit d'asile, la déchéance de nationalité pour les binationaux "dangereux", la suppression du statut particulier dont bénéficient les Ukrainiens, la mise en place de "programmes volontaires de remigration" et d'expulsions forcées. Il prône par ailleurs un rapprochement avec Moscou, ainsi qu'une reprise des importations de gaz russe abandonnées depuis 2022. Il prévoit en outre la relance d'une politique familiale nataliste, la reprise en main de l'école et le rejet de la transition écologique. Il vise également à exclure des écoles les élèves handicapés et les enfants de réfugiés, ou de réviser l'enseignement de l'histoire pour en finir avec le « masochisme national » et la « perpétuation d'une névrose » autour du nazisme. Créé en 2013, l'AfD est à l'origine un parti eurosceptique plutôt bourgeois issu du parti libéral, né lors de la crise de la zone euro en opposition aux plans de soutien aux pays du sud de l'Europe. Il se transforme très vite, notamment avec la crise des réfugiés syriens en 2015, en un parti d'extrême droite, raciste et xénophobe, infiltré par de nombreux néonazis. Son électorat est majoritairement masculin. Le parti séduit particulièrement les tranches d'âge intermédiaires, à partir de 35 ans et jusqu'à l'âge de la retraite. Mais pas les personnes âgées. On y retrouve beaucoup d'ouvriers travaillant dans l'industrie. Selon les sondages, l'AfD arrive en tête dans tous les Länder situés à l'Est de l'ancien rideau de fer, sauf Berlin. C'est le cas du Brandebourg (37%), de la Saxe (42%), de la Thuringe (40%) et du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (35%) où se tiendront des élections régionales le 20 septembre prochain. Toutefois, alors que de multiples crises - afflux migratoire de 2015, pandémie de Covid-19, guerre en Russie, flambée des prix de l'énergie, attentats islamistes sur le sol national - affectent tout le pays, l'AfD gagne du terrain partout dans tout le pays. QUELLE PLACE POUR LA DETTE DANS LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE ? Au premier trimestre selon l'Insee, la dette publique française a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5 % du PIB. Le gouvernement vise un déficit à 5% en 2026, contre 5,1 % en 2025, 5,8 % en 2024 et 5,4 % en 2023. Depuis le 18 août, le taux d'intérêt de notre dette à dix ans est de 4,1 %, soit son plus haut niveau depuis novembre 2008, lors de la crise financière. Il avait alors atteint 4,2 %. Sur les six premiers mois de l'année, la charge de la dette s'est alourdie de plus de 5 milliards d'euros. Mi-juillet, quatre économistes, missionnés par Bercy, ont remis un rapport dans lequel ils estiment à 126 milliards d'euros les efforts à réaliser dès 2027 pour stabiliser le taux de dette publique en France d'ici à 2032. Faute de quoi celle-ci passerait à 130 % du PIB en 2030. Sept des candidats à l'élection présidentielle étaient réunis, fin août, par le Medef : Marine Le Pen, Raphaël Glucksmann, Edouard Philippe, Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier et Bruno Retailleau. L'ancien Premier ministre Gabriel Attal a proposé de revenir sous les 3 % de déficit d'ici à 2032 et à l'équilibre en dix ans. Il prévoit de « changer assez profondément notre système social» et de reprendre le calendrier prévu de la réforme Borne des retraites, suspendue dans le budget 2026 par le gouvernement de Lecornu. Son concurrent direct, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, veut aussi maîtriser les comptes par le biais du social. Selon lui, la clé de la maîtrise de la dette réside dans celle de la dépense sociale, plus particulièrement des retraites qui représentent 420 milliards d'euros par an, soit 25 % de l'ensemble de la dépense publique. En tête des sondages, Marine Le Pen a déjà un chiffre en tête. Si elle accède à l'Elysée, la candidate du Rassemblement national mènera un plan d'économies de 125 milliards d'euros sur le quinquennat. Ses solutions pour résorber l'endettement : la suppression d'agences de l'État, la lutte contre l'immigration et la baisse de la contribution à l'Union européenne. Le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, estime qu'il suffirait de « foutre au feu » les titres de dette française (environ 20 %) détenus par la Banque centrale européenne pour régler la question. Le candidat Place publique, Raphaël Glucksmann veut aussi « [s|'attaquer à la dette », en faisant des économies mais aussi en mettant à contribution les grands héritages. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 6 septembre 2026. Avec cette semaine : Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova. Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Secrétaire général de l’Elysée lorsque Georges Pompidou accède à la présidence de la République en 1969, il doit, au fur et à mesure de l’aggravation de la maladie qui emportera le chef de l’État, suppléer à ses défaillances physiques et psychiques. Ignoré pendant son septennat par Valéry Giscard d’Estaing, il revient en 1981 à la politique active avec Jacques Chirac alors maire de Paris qu’il convainc de la nécessité d’une politique libérale. Il en sera l’artisan comme ministre d’État chargé de l'économie, des finances et de la privatisation dans le premier gouvernement de cohabitation de la Vème république. Il met en œuvre une politique la privatisation : d’une trentaine de sociétés et s’attache à la libéralisation des prix et des changes ainsi qu’à la baisse des dépenses et des impôts. Nouveau Premier ministre de cohabitation sous François Mitterrand de 1993 à 1995, Edouard Balladur suit une ligne libérale identique, notamment avec la réforme des retraites, mais doit reculer sur la mise en place d'un « Smic jeunes ». En janvier 1995, alors que Jacques Chirac est officiellement en campagne depuis le 4 novembre 1994, Édouard Balladur déclare à son tour sa candidature. Ses bons sondages du début sont démentis dans les urnes : Édouard Balladur ne recueille que 18,6 % des suffrages exprimés, devancé par Jacques Chirac (20,8 %) et Lionel Jospin (23,3 %). En retrait de la vie politique active, il est chargé sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy d’un Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions. On en retiendra l’encadrement des compétences présidentielles, l’interdiction faite aux parlementaires devenus ministres de retrouver leur siège à l’issue de leurs fonctions ministérielles, l’interdiction du cumul d’un mandat parlementaire avec toute fonction élective locale ou avec une fonction exécutive locale, 43 mesures pour la revalorisation du rôle du Parlement et de l’opposition avec notamment le renforcement du rôle des commissions et l’amélioration de la qualité du travail législatif, l’instillation d’une dose de proportionnelle, la réforme du Conseil de la magistrature, l’institution d’un défenseur des droits fondamentaux. LES CRISES CLIMATIQUES ET LA CARTE DE L’INFLUENCE MONDIALE Au lendemain de la catastrophe au Népal, le gouvernement de Katmandou a interpellé la communauté internationale sur la responsabilité des grands pollueurs de la planète dans le changement climatique qui a favorisé les inondations dévastatrices du 26 août. Mercredi, un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement concluait : « C’est officiel : nous pouvons dire adieu à l’objectif de limiter à 1,5 °C le réchauffement planétaire visant à éviter les répercussions les plus dangereuses du changement climatique. » « En perturbant l’équilibre énergétique qui avait caractérisé [notre époque géologique], l’Holocène, l’humanité a quitté la zone de stabilité qui avait permis l’essor des civilisations », constate une note de l’Institut des relations internationales et stratégiques, l’IRIS. Ce n’est pas la planète qui est en danger, mais la capacité des sociétés humaines à maintenir des conditions de vie stables dans un système Terre devenu instable. L’Arctique se réchauffe plus de trois fois plus vite que la moyenne mondiale, les sols s’assèchent et l’océan perd une partie de son rôle de tampon thermique et chimique. Ces dynamiques couplées révèlent une perte de résilience du système Terre, où chaque seuil franchi affaiblit les régulations naturelles des autres. Les pays du Sud subissent de plein fouet les effets du réchauffement (vagues de chaleur, stress hydrique, crises alimentaires) sans disposer des capacités d’adaptation nécessaires, tandis que les pays du Nord externalisent une partie de leur empreinte carbone par le commerce. La frontière climatique agit sur la fracture Nord-Sud, tout en la rendant plus visible et plus explosive : le climat devient un terrain de revendication, de dette et de justice. Dans certaines régions, l’humidité et la chaleur atteignent les seuils physiologiques de tolérance humaine plusieurs jours par an, menaçant l’habitabilité à l’horizon 2050, notamment dans les pays du Golfe, dans la corne de l’Afrique et en Inde. Les deltas du Nil, du Gange et du Mékong sont menacés par la montée des eaux, tandis que des petits États insulaires du Pacifique planifient des relocalisations de population. Ce déplacement de populations à venir n’est pas seulement une question humanitaire : il redéfinira les frontières, les flux migratoires et les sécurités collectives. La crise de l’habitabilité devient un fait géopolitique majeur, fait valoir l’IRIS. La gouvernance mondiale du climat ne repose donc plus exclusivement sur les États. Elle se déploie à travers une mosaïque d’institutions internationales, d’acteurs privés, de juridictions nationales, de coalitions de villes et de nouveaux dispositifs financiers. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. 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Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Sofian Bouchfira et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 mars 2025. Dans ce second épisode, Sofian Bouchfira revient sur son enquête de terrain, débutée en tant que garçon de café, qui lui a permis de découvrir la sociabilité et la géographie des bistrots parisiens. Il analyse l’évolution de la limonade à Paris sous l’effet de la législation, de la concurrence des fast-foods dès les années 1980, ainsi que de la transformation des circuits financiers liés aux commerces. Il met en lumière l’invisibilisation du travail féminin et l’affaiblissement des amicales aveyronnaises, bien que certaines associations perdurent. Enfin, il souligne les tensions entre Aveyronnais de Paris et d’Aveyron, où le maintien des maisons familiales et des vacances permet de préserver des liens. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 12 avril 2026. Avec cette semaine : Bernard Hourcade, géographe, directeur de recherche émérite au CNRS et ancien directeur de l’l'Institut français de Recherche en Iran. Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. François Bujon de l’Estang, ambassadeur de France. Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique. L’IRAN, AVEC BERNARD HOURCADE Pour cette émission thématique consacrée à l’Iran nous accueillons Bernard Hourcade, géographe, directeur de recherche émérite au CNRS et ancien directeur de l’l'Institut français de Recherche en Iran de 1978 à 1993. Grand comme trois fois la France, peuplé de 92 millions d'habitants, riche de pétrole et de gaz, l’Iran est soumis depuis 1979 au régime théocratique des mollahs, de plus en plus contesté dans la population. En 2022, avec le mouvement Femme, Vie, Liberté après la mort de Mahsa Amini, causée par des violences lors de son arrestation par la police des mœurs pour « port de vêtements inappropriés ». En 2026, par des manifestations contre la situation économique dans plusieurs villes manifestations réprimées dans le sang. Le 28 février, la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran a tué dès le premier jour le Guide suprême, Ali Khamenei, et un certain nombre de cadres du régime. Désormais, pour la première fois depuis l'avènement de la République islamique en 1979, toutes les nouvelles figures clefs du pouvoir sont issues des Gardiens de la révolution, l’armée d'élite du régime. Tandis que son fils le nouveau guide, Mojtaba Khamenei, nommé le 8 mars, a disparu de l'espace public, alimentant les doutes sur le fait qu'il soit encore en vie ou en état de gouverner, c'est un ancien Gardien de la révolution Mohammad Ghalibaf, le président du Parlement qui s'impose comme une des figures centrales du pouvoir. Mais c'est la nomination, le 24 mars, d’un dur, Mohammad Bagher Zolghadr à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale qui signale un virage radical. Ces nouvelles figures clefs du régime iranien témoignent-elles d’un glissement d’un régime théocratique à une dictature militaire ? C’est une des questions que nous soumettrons à notre invité. Notre invité qui explique que, mal connue en Occident, la société iranienne est schématiquement composée de trois groupes. Une minorité - environ 10 % à 15 % - qui soutient activement le régime. Une autre minorité, entre 20 % et 30 %, qui s'oppose frontalement au système et qui a déjà courageusement manifesté à plusieurs reprises. Entre les deux, une majorité silencieuse, probablement autour de 50 % à 60 % de la population qui souhaite un changement profond, mais surtout la stabilité et ne veut ni la guerre civile, ni le chaos. Confrontée aux effets de la guerre, la population fait face à une inflation record - selon les données du Centre statistique d’Iran, le taux d’inflation sur douze mois a atteint 50,6 % au 20 mars (date de la fin de l’année iranienne), soit le niveau d’inflation annuelle le plus élevé jamais enregistré à cette échéance depuis quatre-vingt-deux ans. La guerre entraine également des pertes d’emploi et une répression politique renforcée. Plus aucune semaine ne s’écoule sans que plusieurs exécutions aient lieu. Depuis le 28 février, au moins 14 prisonniers accusés de délits politiques ou sécuritaires ont été exécutés. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Sofian Bouchfira et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 mars 2025. Dans ce premier épisode, Sofian Bouchfira, qui vient de soutenir sa thèse ”Les sources aveyronnaises de la limonade parisienne”, explore l’histoire des comportements à travers les bistrots parisiens et la limonade parisienne. Il part notamment de la légende des bougnats, ces Auvergnats venus à Paris après la crise du phylloxéra. Sofian déconstruit cette légende en s’appuyant sur des archives privées et des rencontres de terrain qui révèlent que les liens entre Paris et l’Aveyron perdurent, créant un véritable ”Aveyron à Paris”. Il analyse aussi les différences entre les pratiques de la fin du 19ème siècle et celles actuelles pour montrer que même si des changements se font, une continuité existe. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre émission ? Soutenez-la ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 19 janvier 2024. Avec cette semaine : Quentin Sannié, entrepreneur et fondateur de l’agence de notation des sols Genesis. David Djaïz, entrepreneur, essayiste et ancien secrétaire général du Conseil National de la Refondation. Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique. AGRICULTURE ET ENVIRONNEMENT Quentin Sannié, vous êtes entrepreneur et chef d’entreprise. Après avoir co-fondé et dirigé le leader mondial du son haut de gamme, Devialet, vous vous êtes lancé dans une nouvelle aventure entrepreneuriale en 2018, avec la création de Genesis– la première agence de notation des terres agricoles. Votre start-up innovante est née du constat suivant : il subsiste une lacune significative dans la mesure de l'impact environnemental des pratiques agricoles et les acteurs du secteur demeurent souvent aveugles aux conséquences sur l’environnement de leurs décisions. D’où votre idée de noter la santé des sols pour mieux corriger les techniques de ceux qui les travaillent. Selon vous, « En collectant des pratiques et en établissant des corrélations scientifiques entre les techniques agricoles, le climat et la santé des sols, on peut voir quels leviers d'action ont un vrai impact positif ». Aujourd’hui, 60 à 70 % de nos sols en Europe sont abîmés ou très abîmés, estime l’Union Européenne. Leur bonne santé est pourtant décisive pour la fertilité, la productivité agricole, le stockage du CO2, la rétention et la filtration de l’eau. « Nous devons soulever le capot de nos sols et des pratiques agricoles liées, pour comprendre comment les faire évoluer durablement vers des modes régénératifs », écrivez-vous. Cette absence de mesure risque de mettre en péril notre souveraineté alimentaire. Les pratiques régénératrices doivent, en effet, être déclinées selon les types de cultures, de productions, de sols et de climats. Cette lacune ne concerne pas seulement l’évaluation ; le sol est en effet le grand absent de la politique environnementale alors qu’il pour vous le véritable éléphant dans la pièce en matière d'environnement. L’exploitation des sols représente 20 à 25 % des émissions de gaz à effet de serre ; ils sont à la source de notre alimentation, renferment 1/4 de la biodiversité mondiale, et, en stockant plus de carbone que les forêts, constituent un enjeu essentiel de la lutte contre le changement climatique. Pourtant le sol demeure le seul milieu naturel à ne pas être couvert par une politique nationale dédiée à sa protection. Les multiples alertes que vous avez lancées avec la communauté scientifique semblent néanmoins être arrivées jusqu’aux oreilles des parlementaires. Menée par le député (Modem) du Loiret Richard Ramos, une proposition de loi visant « à instaurer un diagnostic de la santé des sols, des terrains agricoles, naturels et forestiers » a été déposée à l’Assemblée Nationale le 12 octobre 2023. De même, quelques jours plus tard, une proposition de loi visant à « préserver des sols vivants » a été déposée par la sénatrice PS Nicole Bonnefoy. L’objectif est d’apporter une réponse globale avec la création d'une stratégie nationale pour la protection et la résilience des sols, sous la houlette d'un haut-commissaire dédié. Mais avant de nous pencher sur l’articulation des sols avec l’agriculture et la transition écologique, racontez-nous comment votre projet est né. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Patrice de Moncan et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 5 décembre 2025. À Paris, 1 + 1 = 1 selon Patrice de Moncan. Il s'explique ainsi dans cette conversation avec Philippe Meyer : un appartement plus un appartement fait un appartement, plus grand mais unique. Dans la plus petite grande ville d'Europe, le logement est une affaire complexe, et mouvante. Cette conversation revient ainsi sur les grandes mutations des années 50, alors que naissent la co-propriété et les promoteurs immobiliers. L'essor des prix aidant, il devient impossible de transmettre des immeubles entiers en raison des droits de succession : la propriété se fragmente, sans permettre pour autant aux jeunes actifs d'accéder à la propriété. Les préemptions de la Ville depuis cinq ans, afin de créer des logements sociaux, semblent peu efficaces pour préserver l'antique diversité parisienne, en raison des prix trop élevés des loyers. Une histoire économique et commerciale de Paris reste encore à écrire, notamment en regard des questions foncières, si anciennes et tellement contemporaines. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.fr Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 15 décembre 2023. Avec cette semaine : Francis Wolff, philosophe. David Djaïz, entrepreneur, essayiste et ancien secrétaire général du Conseil National de la Refondation. Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors. Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova. L’HUMANISME EN CRISE Francis Wolff, vous êtes philosophe et professeur émérite à l’École normale supérieure. Qu’est-ce que philosopher ? « Chanter comme un castrat du 18e siècle, dites-vous, avec une voix d’enfant et une technique d’adulte. » Ainsi votre œuvre s’est-elle construite autour des interrogations de l’enfance – « qu’est-ce que ? » ; « pourquoi ? » – et des réponses rigoureuses de la raison philosophique. En reprenant la métaphore de Descartes, vous comparez votre philosophie à un arbre dont les racines seraient votre ontologie, le tronc votre anthropologie et les branches votre éthique, votre politique et votre esthétique. Filons cette métaphore : nous vous invitons afin d’interroger la branche politique de votre arbre, le Plaidoyer pour l’universel que vous avez publié en 2019 et dans lequel vous cherchiez à refonder une idée en crise aujourd’hui : l’humanisme. Cette branche repose sur votre tronc anthropologique – Qu’est-ce que l’homme ? Ou plutôt qu’est-ce qui est propre à l’homme ? Pour vous, ce n’est ni la raison, ni le langage, mais leur union indissociable, ce que vous appelez la « raison dialogique ». Cette définition vous permet de fonder, en raison, une éthique humaniste, universelle, qui repose sur le principe de réciprocité, et dont la traduction politique est l’idéal démocratique avec son accomplissement à l’échelle de l’humanité, l’idéal cosmopolitique. Si ces considérations peuvent sembler abstraites, elles sont en réalité très concrètes, en particulier lorsque vous les utilisez comme critère d’évaluation des valeurs. Vous montrez que sont antihumanistes toutes valeurs fondées sur l’inégalité a priori des humains, comme le racisme ou le nationalisme, ainsi que toute application du principe d’égalité qui trahit le principe de réciprocité, comme l’antispécisme. Pour ce qui est de la guerre au Proche-Orient, fidèle à ce principe de réciprocité, vous espérez que « chaque peuple surmonte un instant sa propre souffrance pour percevoir le peuple ennemi (usurpateur ou assassin) comme susceptible de souffrir lui aussi », et vous défendez la « la seule solution raisonnable et universelle » : deux États dans des frontières sûres et reconnues par la communauté internationale. Ceci n’est pas contradictoire avec votre utopie cosmopolitique. D’abord parce qu’il s’agit moins d’un but – ce que vous appelez une utopie en acte – que d’un idéal régulateur. Ensuite parce que cet idéal cosmopolitique ressemble davantage à une confédération mondiale de fédérations régionales démocratiques. En 2018, dans une recension de votre ouvrage Trois utopies contemporaines qu’il avait faite pour la fondation Jean Jaurès, David Djaïz avait pointé les risques de dépolitisation que comporte un tel projet et défendait plutôt des États-Nations ouverts sur le monde. Comme lui Nicole Gnesotto et Lionel Zinsou ont beaucoup de questions à vous poser. Mais avant de laisser mes camarades vous interroger et user de leur « raison dialogique », pourriez-vous revenir sur ce concept fondamental, puisque c’est à partir de cette définition de l’homme que s’articule toute votre réflexion sur l’humanisme ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Michel Favory et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 26 juin 2026. Dans ce second volet, Michel Favory raconte de l’intérieur ses trente années passées à la Comédie-Française, d’abord comme pensionnaire puis comme sociétaire. Il décrit le fonctionnement de cette institution unique, rend hommage aux artisans qui contribuent à chaque spectacle, évoque son engagement dans la formation des jeunes comédiens et revient avec franchise sur les responsabilités du comité chargé des nominations. Au fil de la conversation, se dessine le portrait d’un acteur profondément attaché au collectif, à l’exigence du théâtre et à la joie du travail partagé. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 25 avril 2025. Avec cette semaine : David Baverez, essayiste et investisseur. Antoine Foucher, spécialiste des questions sociales, auteur de Sortir du travail qui ne paie plus. Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique. Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung. L’ÉCONOMIE DE GUERRE Dans votre ouvrage Bienvenue en économie de Guerre, David Baverez, vous proposez une réflexion profonde sur les transformations économiques et géopolitiques récentes, mettant en lumière un tournant majeur dans l'histoire du monde. Selon vous, nous assistons à la fin d’un cycle de mondialisation qui a débuté en 1989 avec la chute du Mur de Berlin et la consolidation d’une économie mondiale fondée sur le libre-échange. Ce cycle se termine aujourd’hui, avec l’émergence d’un nouveau paradigme que vous qualifiez « d’économie de guerre », marqué par la confrontation ouverte entre grandes puissances. Pour vous, la rupture a été précipitée par des événements clefs survenus en 2022, notamment l'invasion de l'Ukraine par la Russie et le 20ème congrès du Parti communiste chinois. Ces événements ont révélé la fin d’une époque de coopération relative entre les nations et la montée des tensions géopolitiques, où les dépendances énergétiques et industrielles deviennent des instruments de pouvoir stratégique. Dans ce contexte, la guerre économique s’annonce comme un terrain incontournable de confrontation entre puissances. Votre analyse repose sur un constat alarmant : les grandes puissances du monde semblent se réorienter vers une logique de repli stratégique, où les enjeux de souveraineté nationale et d'autonomie économique dominent. L'impact de cette transition se fait particulièrement sentir en Europe, que vous voyez à un tournant décisif. Si le continent ne prend pas la mesure de cette évolution, il risque de devenir un simple terrain d'affrontement géopolitique, tiraillé entre les influences croissantes des États-Unis et de la Chine, un peu à l’image d'autres régions déjà fragilisées comme le Yémen. Vous mettez ainsi en garde contre le risque de marginalisation de l'Europe dans ce nouveau monde en mutation, et vous plaidez pour une refonte de son approche stratégique. Selon vous, l’Europe doit impérativement se doter d’une souveraineté plus affirmée, capable de défendre ses intérêts dans des domaines clefs comme l’énergie, la défense, et les technologies. Pour cela, il est essentiel de se détacher des dépendances extérieures et d’investir dans des industries stratégiques pour assurer une autonomie véritable. Aujourd'hui, plus que jamais, la question se pose : comment l’Europe peut-elle éviter de devenir un simple spectateur de cette transformation mondiale et, au contraire, jouer un rôle moteur dans la reconstruction de l’ordre mondial, tout en évitant les pièges d’une mondialisation débridée ? Comment le continent peut-il, sans délaisser ses principes démocratiques et ses valeurs, s’affirmer comme un acteur incontournable dans cette nouvelle économie de guerre ? Enfin, dans cette dynamique, vous évoquez régulièrement la question de la souveraineté économique. Quelles sont, selon vous, les bases les plus solides sur lesquelles l’Europe pourrait construire sa souveraineté économique face à la montée des tensions internationales ? Et comment l’Europe peut-elle s’y préparer concrètement sans tomber dans le piège du nationalisme destructeur, qui risquerait de la diviser davantage au lieu de la renforcer ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Michel Favory et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 26 juin 2026. Dans ce premier entretien avec Philippe Meyer, Michel Favory retrace le chemin singulier qui l’a conduit jusqu’au théâtre. Il évoque une enfance loin des milieux artistiques, le rôle fondateur de la radio, son service militaire en Algérie, la confiance décisive de son père, puis sa formation au Cours Simon et au Conservatoire. Il revient également sur ses débuts auprès de Jean-Louis Barrault et sur les grands metteurs en scène qui ont façonné sa conception du métier, offrant un témoignage vivant sur la vocation d’acteur et la transmission d’un art. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 23 mai 2025. Avec cette semaine : Danièle Hervieu-Léger, sociologue des religions, directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Isabelle de Gaulmyn, journaliste vaticaniste. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova. Lucile Schmid, vice-présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. SITUATION DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE Dans votre ouvrage Vers l’implosion. Entretiens sur le présent et l’avenir du catholicisme, Danièle Hervieu-Léger, vous proposez une réflexion lucide et profonde sur la situation critique du catholicisme contemporain, notamment en Europe et en France. À travers votre dialogue avec Jean-Louis Schlegel, vous éclairez les dynamiques de fond qui ont conduit l’Église catholique à ce que certains qualifient de moment d’effondrement ou de bascule historique. Pour vous, plusieurs séismes récents, et en particulier la publication du rapport de la CIASE en 2021, fonctionnent comme des révélateurs de fragilités systémiques enfouies de longue date. Loin d’être un accident isolé, cette crise est le symptôme d'une Église fragilisée par des décennies de blocages institutionnels, d’échecs dans la mise en œuvre du concile Vatican II, et d’une incapacité persistante à se réformer face aux évolutions de la société. Votre analyse repose sur un constat fort : nous assistons à une "exculturation" progressive du catholicisme, c'est-à-dire à son retrait du tissu culturel commun. Plusieurs facteurs sociologiques — urbanisation, révolution familiale, transformations des représentations du corps et de la nature — ont peu à peu dissous la transmission religieuse automatique, marquant la fin du catholicisme comme matrice culturelle. Dans ce contexte, vous soulignez que le catholicisme européen entre dans une phase de minorisation, où il ne pourra plus s’appuyer sur une position dominante dans la société. Pourtant, vous rappelez que l’effondrement du modèle traditionnel ne signifie pas la disparition pure et simple de la foi chrétienne : de nouvelles figures de croyance, des formes communautaires inédites, et un rapport personnel plus libre à la foi émergent. Face aux crises successives, et notamment aux révélations des abus sexuels dans l’Église, vous insistez sur la nécessité urgente d'une transformation structurelle : réforme de la gouvernance, sortie du cléricalisme, reconfiguration du lien entre le centre romain et les périphéries locales, modernisation du langage et des modes de présence au monde. Aujourd'hui, une question centrale se pose : l’Église catholique peut-elle survivre en inventant des formes de vie et de foi adaptées à une société postchrétienne, ou sombrera-t-elle dans une logique de repli et de nostalgie ? Peut-elle assumer son nouveau statut minoritaire de façon féconde, en devenant un lieu d'hospitalité, d'invention spirituelle et d'authenticité, plutôt qu'une forteresse défensive ? Enfin, à travers cette réflexion, vous ouvrez une interrogation plus large : que signifie, pour l'Europe elle-même, la perte de l'héritage chrétien comme socle culturel vivant ? Peut-on imaginer une forme de fidélité au message évangélique en dehors du cadre institutionnel traditionnel ? Et quels chemins pourraient permettre à l'Église de demeurer un acteur spirituel pertinent dans le monde de demain ? Mais d’abord : pourquoi l’affaire des abus sexuels est-elle bien plus qu’une série de scandales isolés dans l’Église ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Première diffusion le 9 octobre 2024. Une conversation entre Thomas Patey et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 14 juin 2024. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à Sciences Po Paris le 3 juin 2026. Avec cette semaine : Rémy Knafou, géographe spécialiste du tourisme et auteur de Hypertourisme : le tourisme à l’épreuve de sa démesure. Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique. Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova. LE TOURISME À L’ÉPREUVE DE SA DÉMESURE, AVEC RÉMY KNAFOU Près de 1,4 milliard de touristes internationaux voyagent chaque année à travers le monde, contre seulement 25 millions en 1950. À ces flux s’ajoutent près de 9 milliards de voyages domestiques. Le tourisme est ainsi devenu l’un des phénomènes majeurs de la mondialisation, représentant près de 10 % du PIB mondial et plusieurs centaines de millions d’emplois. Mais derrière cette croissance spectaculaire apparaissent de nouvelles fragilités : pression accrue sur les territoires, hausse des prix du logement, dépendance économique de certaines destinations, multiplication des déplacements longue distance et impact environnemental croissant. Rémy Knafou, vous êtes géographe, professeur émérite à l’Université Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et ancien directeur de recherche au CNRS. Spécialiste reconnu des mobilités, du tourisme et de l’aménagement des territoires, vous avez consacré une grande partie de votre carrière à l’étude des transformations des espaces touristiques, depuis vos travaux pionniers sur les stations de sports d’hiver des Alpes françaises jusqu’à la création du Festival international de géographie de Saint-Dié-des-Vosges et de la revue scientifique Via. Vous venez de publier Hypertourisme : le tourisme à l’épreuve de sa démesure, dans lequel vous proposez une réflexion critique sur l’expansion continue du tourisme mondial et ses conséquences économiques, sociales et environnementales. Face à ces défis, vous défendez l’idée d’un tourisme davantage régulé et plus attentif aux habitants, aux ressources des territoires et aux limites environnementales. Vous plaidez notamment pour un « tourisme réflexif », qui invite chacun à interroger ses pratiques de voyage, ainsi que pour des « territoires d’équilibre » capables de concilier attractivité touristique, qualité de vie locale et soutenabilité. À travers cet ouvrage, vous posez une question centrale qui dépasse le seul secteur du tourisme : comment continuer à voyager dans un monde confronté à ses limites écologiques, sociales et géopolitiques ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Première diffusion le 2 octobre 2024. Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Thomas Patey et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 14 juin 2024. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 10 avril 2026. Avec cette semaine : Fabien Verdier, président de l’association « mouvement pour le développement des villes sous-préfectures ». Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales. Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. L’AVENIR DES VILLLES MOYENNES Le déclin des villes moyennes et des sous-préfectures françaises constitue aujourd’hui un enjeu majeur, à l’intersection des questions économiques, sociales et politiques. Selon Fabien Verdier, ancien maire de Châteaudun et président de l’association « Mouvement pour le développement des villes Sous-préfectures », cette érosion résulte d’une combinaison de désindustrialisation, de métropolisation, de retrait des services publics et de fractures sociales croissantes. L’exemple de Châteaudun illustre cette spirale : entre 1980 et aujourd’hui, la population est passée de 16.000 à 13.200 habitants, les fermetures industrielles et militaires ont supprimé plusieurs centaines d’emplois, et le sentiment d’abandon vis-à-vis de l’État s’est accru. Malgré ces difficultés, ces territoires conservent des atouts encore sous-exploités : taille humaine, patrimoine, qualité de vie et potentiel d’expérimentation de politiques publiques innovantes. La crise sanitaire a également favorisé un léger regain migratoire, soutenant la redynamisation de certains marchés immobiliers. Pour accompagner ces dynamiques, l’État a lancé plusieurs programmes de revitalisation, dont le plus emblématique est Action cœur de ville. Lors du premier quinquennat, ce dispositif a mobilisé près de 6 milliards d’euros, avec une promesse de 5 milliards supplémentaires lors du second quinquennat, pour 234 villes et plus de 6.500 opérations, incluant la rénovation de dizaines de milliers de logements. Les indicateurs témoignent d’un impact réel : +17 % de ventes immobilières depuis 2018 et 91.000 logements remis sur le marché. Cependant, la vacance commerciale reste élevée (12‑12,7 %), et l’effet sur l’emploi et le PIB demeure difficile à mesurer. Par ailleurs, les aides publiques représentent moins de 25 % du financement total, limitant leur effet levier. Face à ces constats, Fabien Verdier propose 21 mesures concrètes visant à renforcer l’action de l’État, soutenir l’industrie et l’emploi, améliorer l’attractivité et réduire l’isolement des sous-préfectures. Ces propositions répondent également à un enjeu politique majeur : le sentiment d’abandon a favorisé la progression du Rassemblement National. Lors des élections municipales de mars 2026, le RN est passé de 22 à 74 mairies et a obtenu plus de 3.000 conseillers municipaux dans 84 départements, traduisant un déplacement du centre de gravité politique vers les villes moyennes. Ce phénomène, combiné au recul de la gauche et aux recompositions à droite, accentue les fractures territoriales et place ces communes au cœur des enjeux électoraux à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Première diffusion le 25 septembre 2024. Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 14 juin 2024. Épisode 2 : Dans ce deuxième épisode de notre Bada avec Thomas Patey, notre invité évoque avec Philippe Meyer plusieurs chanteurs de cabaret et leurs modèles. Il est aussi question des lieux qu’étaient les cabarets, les cafés-concerts et autres endroits si importants pour la chanson française. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 9 janvier 2026. Avec cette semaine : Julian Jackson, historien britannique, spécialiste de l’histoire de France du XXème siècle et biographe du général de Gaulle. Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. François Bujon de l’Estang, ambassadeur de France. DE GAULLE, LA FRANCE ET LE MONDE : TRENTE ANS D’HISTOIRE PAR LA CARICATURE, 1940-1970 Cette émission thématique nous donne le plaisir de recevoir une nouvelle fois Julian Jackson. Avec Jean-Louis Bourlanges et François Bujon de L’Estang, nous allons converser autour du dernier ouvrage signé par Julian Jackson et Alya Aglan, intitulé De Gaulle, la France et le Monde : trente ans d’histoire par la caricature : 1940-1970. La couverture présente d’ailleurs une caricature dont je me demande où vous l’avez trouvée : de Gaulle y apparaît comme une sorte de pin-up boy, appuyé sur la tour Eiffel, avec un air désinvolte — je ne dirais pas qu’il drague, mais presque ... Le livre contient de nombreuses caricatures mais il n’est pas un simple recueil de dessins. D’abord, ces caricatures ont une particularité : elles proviennent presque toutes de la presse étrangère. Dans certains cas, on est même surpris de constater que de Gaulle a été caricaturé jusque dans les régions les plus éloignées du monde. C’est aussi un livre sur de Gaulle et le reste du monde, c’est-à-dire en grande partie sur sa politique étrangère — ou plutôt ses politiques étrangères, tant elles présentent de nuances. Vous êtes, inutile de le rappeler, l’un des grands spécialistes de l’histoire française du XXe siècle. Vous êtes déjà venu ici pour votre livre sur de Gaulle et pour celui sur le procès Pétain. Vous avez également publié au début des années 2000 une synthèse sur la France occupée, France : the dark years 1940-1944. Ici, vous vous intéressez à un personnage parmi les plus caricaturés au monde pendant trente ans de vie politique. Avec Alya Aglan — qui s’est davantage occupée des aspects liés à l’humour, tandis que vous apportiez votre connaissance du personnage — vous avez sélectionné environ 150 dessins de presse venus du monde entier pour retracer à la fois l’histoire du général et celle de sa politique extérieure. Qu’est-ce qui est à l’origine de ce projet ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Première diffusion le 18 septembre 2024. Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 14 juin 2024. Philippe Meyer reçoit Thomas Patey, étudiant à l’École du Louvre et auteur d’un mémoire intitulé Anthropologie des chanteurs de cabaret. Dans ce premier épisode, il évoque l’origine de son travail de recherche et sa volonté d’étudier la chanson française. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 2 juillet 2026. Avec cette semaine : Nicolas Baverez, essayiste et avocat. Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova. Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung. LA ZEITENWENDE En février 2022, après l'attaque russe en Ukraine, le chancelier social- démocrate de l'époque, Olaf Scholz, déclarait devant le Bundestag que « février 2022 marquait un changement d’époque (Zeitenwende) dans l'histoire de notre continent ». Quelques mois plus tard, les députés adoptaient la création d'un fonds spécial de 100 milliards d'euros pour moderniser la Bundeswehr. Cette dynamique s'est poursuivie et même accentuée avec l'arrivée au pouvoir du chrétien démocrate Friedrich Merz. En mars 2025, il a fait voter par le Bundestag l'exemption des dépenses sécuritaires du sacro-saint frein à la dette, puis, en décembre, une loi sur la modernisation du service militaire. Trente-cinq ans après la réunification, le réarmement pourrait faire du pays une puissance d’équilibre dans un espace européen sous haute tension, affirme le géographe Boris Grésillon, dans une tribune au « Monde ». Si jusqu’à présent l’armée allemande s’en remettait aux recommandations de l’OTAN, le ministre de la Défense allemand, Boris Pistorius a présenté, le 22 avril dernier, un budget en hausse constante, qui s'élève à plus de 108 milliards en 2026, et, pour la Bundeswehr qui compte actuellement 185.000 soldats d'active, un plan en trois étapes, D'abord, un renforcement des effectifs « rapide et de grande envergure » jusqu'en 2029, notamment grâce à un nouveau service militaire « attractif et porteur de sens ». Puis une deuxième phase jusqu'en 2035, marquée par une augmentation « significative » des capacités dans tous les domaines (terrestre, aérien, maritime, cyber, espace), à l'issue de laquelle, assurent les autorités, « l'objectif de 460.000 soldats prêts au combat sera atteint, avec 260.000 militaires d'active et 200.000 réservistes ». Enfin, à l'horizon 2039 et au-delà, une projection vers une « Bundeswehr du futur », dans laquelle seront intégrées les « innovations militaires de demain ». Cette « conception générale de la défense militaire » traduit en actes la prise de conscience du changement d'époque née de l'attaque de l'Ukraine et concrétise la renonciation au pacifisme consubstantiel, depuis 1949, à la démocratie allemande. La Russie y est qualifiée de menace la plus importante et la plus immédiate pour la sécurité allemande, européenne et transatlantique ; elle prend acte du pivot américain vers l'Indopacifique et de la nécessaire montée en puissance des Européens au sein de l'Alliance atlantique ; elle tire les enseignements des transformations de la guerre constatées en Ukraine, au Proche et au Moyen-Orient. Zeitenwende, donc, d’abord militaire, puis budgétaire et maintenant social avec le soutien du gouvernement allemand aux travaux d’une commission prônant une hausse progressive de l’âge légal de départ en retraite au-delà des 67 ans, indexée sur l’espérance de vie, dans un pays confronté au vieillissement démographique. POURQUOI LA GUERRE NE PAIE PLUS ? La signature par le président américain le 17 juin au château de Versailles du protocole d'accord avec l'Iran soulage le commerce mondial, mais met à mal la puissance américaine. Pour la deuxième fois Donald Trump, de guerre lasse, décide d'arrêter les frais face à un adversaire déterminé. La première, c'était en février 2020, lorsque l'accord de Doha avec les Talibans acta le retrait des États-Unis d'Afghanistan. Un accord finalement mis en œuvre à l'été 2021 par l'administration Biden, dans un contexte de débâcle mémorable. Si on voit mal ce que l'Amérique gagne, en revanche les bénéfices de l’accord de Versailles pour Téhéran sont clairs : levée temporaire des sanctions sur l'exportation du pétrole, puis dégel de certains avoirs iraniens à hauteur de dizaines de milliards de dollars. À terme la perspective d'un « fonds de reconstruction et de développement »doté de 300 milliards, de l'argent dont on ne sait pas trop d'où il viendrait. À l'heure du mondial de football, le géopolitologue Dominique Moïsi résume l'épisode guerrier de près de 110 jours auquel les présidents américain et iranien ont mis fin (provisoirement ou non) en signant le mémorandum qui suspend les hostilités pour au moins soixante jours : « Téhéran 1, Washington 0 ». Dans un conflit asymétrique, le fort perd en ne gagnant pas tandis que le faible gagne en ne perdant pas. La République d'Iran sort donc vainqueur, les États-Unis et Israël perdants. De même, la Russie de Vladimir Poutine se trouve dans une impasse stratégique et éprouve les limites de la force militaire quand elle est mal employée. En Ukraine, les forces russes ont perdu du terrain en mai, pour le deuxième mois de suite, d’après les analyses de l’Institute for <i>the Study of War</i>, un groupe de réflexion américain. Même les zélateurs du régime reconnaissent qu’il est peu probable que Moscou parvienne à percer les lignes. Vladimir Poutine a dû admettre, le 28 juin, de réels problèmes, comme la pénurie de carburant. On estime que deux tiers des Russes sont désormais favorables à des négociations de paix. La guerre d'Iran et celle d'Ukraine témoignent des défis rencontrés par l'assaillant en ce XXIe siècle, à l'heure des drones et du combat asymétrique ultraconnecté. Malgré une supériorité aérienne et une puissance de feu sans rivale, États-Unis et Russie peinent à faire capituler l'adversaire. Ces enseignements sont scrutés à Taipei comme à Pékin. La Chine pourrait en déduire que décidément, l'aventurisme militaire ne paie pas face à un adversaire déterminé qui joue à domicile... Cela pourrait l’encourager à poursuivre sa patiente stratégie de « strangulation » de l'île démocratique plutôt que de lancer une invasion militaire risquée. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. 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Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Patrice de Moncan et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 5 décembre 2025. 3 : Comment les passages parisiens, oubliés à partir des années 1860, sont-ils redevenus des endroits emblématiques de Paris ? C'est l'enjeu de cette troisième et dernière discussion entre Patrice de Moncan et Philippe Meyer, qui commencent tout d'abord par rappeler que les auteurs ne les ont jamais oubliés. Céline et "son" passage Choiseul, les surréalistes peuplant le passage interlope de l'Opéra,... Les passages semblent avoir retenu de tout temps les imaginations littéraires. Un nouvel engouement naît dans les années 1990, notamment après les parutions de Patrice de Moncan. Destinés à n'être que des passages, ils se font passages de destination : on ne passe plus dans les passages, on passe pour y rester. Preuve de la capacité de Paris à toujours se régénérer, ou bien nouvel exemple de touristification ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 26 juin 2026. Avec cette semaine : Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales. Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova. LA CANICULE, SUJET POLITIQUE ? Le 17 juin, quelques jours avant le nouvel épisode caniculaire, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a présenté un plan « endurance » pour l'adaptation à la hausse des températures, alors qu'un tiers des logements est constitué de bouilloires thermiques. Selon lui, « la canicule n'est pas une question météorologique ou climatique, c'est désormais une question de justice sociale ». Intervenant aux côtés du ministre du Logement, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut a reconnu que la France souffre d'un « grand retard collectif » tout mettant en avant trois axes : « Remettre la nature dans les villes pour les rafraîchir » et faire des quartiers prioritaires « des précurseurs de la transformation écologique des territoires » ; « encourager les solutions efficaces pour limiter la surchauffe des bâtiments », comme les volets, en demandant par exemple aux bailleurs sociaux un recensement des bâtiments sans occultation des baies vitrées ; et développer « des solutions performantes pour permettre le rafraîchissement des bâtiments » avec « d'ici à septembre » un tarif réduit de TVA à 5,5 % pour les climatiseurs réversibles, décidé en loi de finances 2026. « Aucune annonce réelle », a cinglé la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-fondation Abbé Pierre) qui a annoncé qu’elle s’associait à un recours en justice, lancé en 2025 par des citoyens et les ONG de « L’affaire du siècle » qui accusent l’Etat de manquer à son obligation de protéger la population des impacts du réchauffement climatique. Associations et climatologues déplorent une politique qui met l'accent sur la gestion de crise plutôt que sur une véritable adaptation. Pourtant, en 2023, pour faire face aux canicules répétées, la France s’était dotée d’un plan d’adaptation, une feuille de route censée préparer le pays à un réchauffement de 4 °C d’ici à 2.100, avec une batterie de mesures sur les logements, les exploitations agricoles ou les transports afin de se préparer à une hausse des températures de 4 °C en 2.100. Jugé insuffisant, y compris par le Haut Conseil pour le climat, le plan dispose de peu de moyens financiers. Au cours de ces dernières années, des outils pour s’adapter au changement climatique comme le fonds vert ont été fortement rabotés dans un contexte budgétaire contraint : la dotation de ce dispositif très prisé des élus locaux est passée de 2,4 milliards d’euros en 2024 à près de 840 millions d’euros en 2026. LE BREXIT 10 ANS APRÈS À la veille du dixième anniversaire du vote en faveur du Brexit, le premier ministre britannique travailliste, Keir Starmer, a été contraint à la démission, deux ans à peine après une nette victoire électorale. Si la décision prise, le 23 juin 2016, par une majorité (51,9 %) des électeurs britanniques de quitter l’Union européenne n’est pas directement la cause de la disgrâce de M. Starmer, elle a contribué à créer un climat économique et politique dégradé. Les études sur l'impact du Brexit sur l'économie vont toutes dans le même sens. Celle publiée en novembre 2025 par le National Bureau of Economic Research, un groupe de réflexion américain, a estimé « qu'à la date de 2025, le processus du Brexit a réduit le PIB britannique de 6 % à 8 %, l'investissement de 12 % à 18 %, l'emploi de 3 % à 4 % et la productivité de 3 % à 4 % ». D’après un récent sondage du think tank European Council on Foreign Relations, les Britanniques estiment que le Brexit a eu un impact négatif sur presque tous les sujets : le coût de la vie (66 %), l’économie (65 %), les perspectives des jeunes (57 %) ou encore l’immigration clandestine (56 %). Interrogés sur les effets positifs du Brexit, la réponse la plus donnée par les Britanniques est : « je ne sais pas ». Dans ce contexte, les termes de « Breturn » ou « Breunion » ont surgi ces dernières semaines. Une majorité de Britanniques (55 %) se déclarent favorables à un retour de leur pays parmi les membres de l’UE, quand un tiers (34 %) s’y opposent, d’après YouGov. Toutefois, les Britanniques favorables à un retour du Royaume-Uni dans l’UE tomberaint à 35 % si le pays ne pouvait plus bénéficier de ses dérogations antérieures et devait donc adopter la monnaie unique et participer à l’espace Schengen. Un retour à l’Europe des 28 ne semble donc pas se dessiner. Bruxelles et Londres avancent plutôt depuis plusieurs mois vers un rapprochement. Un sommet entre les deux parties doit avoir lieu le 22 juillet prochain dans la capitale européenne. Ce serait le deuxième après un précédent tenu en mai 2025. Reste à savoir si ce rendez-vous, annoncé la semaine dernière, sera maintenu à la suite de la démission de Keir Starmer. Andy Burnham, nouvel élu de la région de Manchester et favori pour le remplacer à la tête du Parti travailliste et du même coup à Downing Street, ne cache pas qu’il considère le Brexit comme une erreur sans prôner un retour dans l’Union. Le flou entretenu par les brexiters concernant le régime qui suivrait la sortie de l’UE a été pour beaucoup dans le chaos de l’après-23 juin, et notamment la succession rapide de six premiers ministres en moins d’une décennie. Surtout, le Brexit a ouvert un boulevard à une extrême droite contre laquelle on avait imaginé le Royaume-Uni vacciné. La figure de proue en est Nigel Farage – chef, avant le référendum de 2016, du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, et aujourd’hui de Reform UK, parti actuellement en tête des sondages britanniques. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Patrice de Moncan et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 5 décembre 2025. 2 : Passages Jouffroy et Choiseul, galeries Vivienne et Véro-Dodat : dans ce deuxième épisode, Patrice de Moncan et Philippe Meyer se promènent au sein des multiples allées couvertes de la capitale, à la recherche de l'intérêt qui les a fait construire, de la fin du XVIIIe siècle jusqu'au Second Empire. Ces passages confortables, car ils disposent du chauffage, sont le refuge des dames bien nées comme des crapules qui savent y trouver un lieu de choix pour le vol à la tire ; ce sont de Grands Boulevards couverts, qui abritent un art de vivre bien français, celui de la promenade et de la déambulation au milieu des magasins et sous de grandes verrières, que la floraison des grandes gares au milieu du XIXe siècle rendra surannées. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 19 juin 2026. Avec cette semaine : Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova. MARC BLOCH C'est en 2006, il y a donc 20 ans qu'une tribune d'historiens publiée par Le Figaro réclama l'entrée au panthéon de Marc Bloch. Elle aura donc lieu avec son épouse, Simonne Vidal, 20 ans plus tard. On peut regretter cette attente. Etienne Bloch fils aîné Marc et son interlocuteur privilégié, lui-même résistant à Lyon avant de s’engager dans les FFI puis de rejoindre la 2ème Division Blindée était encore de ce monde qu’il n’a quitté que trois ans plus tard. Résistant, historien, rationaliste républicain, critique des mythologies nationales et profondément patriote : Marc Bloch échappe aux catégories trop simples. Grand médiéviste, auteur des Rois thaumaturges (1924), des Caractères originaux de l'histoire rurale (1931), de La Société féodale (1939) et aussi d'une réflexion posthume sur son « métier d'historien », Apologie pour l'histoire, Marc Bloch a ouvert l’histoire aux apports de la sociologie et de l’ethnologie dans une démarche interdisciplinaire novatrice. En 1920, il noue amitié avec son collègue historien Lucien Febvre. Leur complicité intellectuelle les conduit à fonder ensemble les Annales d’histoire économique et sociale, dont le premier numéro paraît en janvier 1929. La revue exercera une influence considérable sur plusieurs générations d’historiens. Républicain convaincu il partageait les idéaux socialistes : il adhéra à la SFIO, sans pour autant se signaler ni par son militantisme ni par ses prises de position publiques. En 1934, il signe avec Lucien Febvre le manifeste du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, mais juge le texte indigent. En 1936, il soutient le Front populaire contre la bourgeoisie d’argent, mais critique Blum et les syndicats, et n’aime pas les communistes. Homme d’action et de responsabilité, Marc Bloch s'est battu en 1914 et s'est réengagé en 1939. En 1940, à chaud, il écrit Témoignage, qui deviendra L’Étrange Défaite. Une analyse au scalpel du désastre de 1940 où il montre que le pays a été battu parce qu’il s’était déjà défait à l’intérieur. L’ouvrage paraîtra à titre posthume en 1946. Ce « procès-verbal » implacable se décompose en trois chapitres : « Présentation du témoin », « La déposition d’un vaincu » et « Examen de conscience d’un Français ». Dans cet ouvrage, l’historien de 53 ans ausculte la société de l’entre-deux-guerres, sa course vers l’abîme, et en appelle à une responsabilité autant individuelle que collective. Il y fustige des stratèges dépassés qui, comme en 1914, lorsqu’ils se référaient aux guerres napoléoniennes, n’ont rien compris à la guerre de mouvement en 1939. Il assemble les pièces d’un puzzle, en historien du contemporain, et procède à la mise en perspective des événements. Pointant notamment la bureaucratie, il n'épargnait personne, ni l'armée, ni les civils, ni la droite, ni la gauche, ni la bourgeoisie, ni ses contempteurs marxistes : « Les défaillances du syndicalisme ouvrier n'ont pas été, dans cette guerre-ci, plus niables que celles des états-majors », affirmait-il, déplorant le fait qu'« on n'a pas assez travaillé, dans les fabrications de guerre ». Il relevait aussi les failles de l'éducation, de l'instruction, de l'esprit de curiosité en général. Après avoir écrit L'Étrange Défaite, persécuté parce que juif, insoumis parce que patriote, le vieux Sorbonnard est entré en 1943 dans la Résistance. Arrêté en mars 1944 par la Gestapo, torturé à la prison Montluc à Lyon, il a été fusillé le 16 juin 1944, à l'âge de 57 ans. LA RÉPUBLIQUE Alors qu’il était entré dans la clandestinité en 1943, Marc Bloch écrivit dans « Pourquoi je suis républicain » : « La République est le régime du peuple ». Cette forme de gouvernement conçu dans l’antiquité connait des interprétations variées. Alors qu’il était admis jusqu’au XVIIIe siècle que la République puisse être aussi bien monarchique, aristocratique ou démocratique, pourvu que soit pris en compte le bien commun, la vision française après Rousseau considère qu’une République bien comprise ne peut être qu’une démocratie. C’est ce que deux historiens du droit, Jacques de Saint-Victor, et Thomas Branthôme, dans leur Histoire de la République en France nomment l’« exclusivisme républicain » français. Les auteurs observent qu’à rebours de ce projet, on voit, depuis quelques années, sous l’influence du modèle anglo-saxon, s’installer des conceptions communautaristes de la démocratie. Dans cette évolution, l’idée laïque, par exemple, qui marque si profondément la tradition républicaine française, est subvertie. Il ne s’agit plus, selon eux, de protéger l’État contre les religions mais, à l’inverse de protéger les religions contre l’État. Formalisée en 1790, la devise de la République française « Liberté, Égalité, Fraternité » évolua également. Le ternaire s’effaça sous le Consulat et le Premier Empire, dont la devise officielle fut « Liberté, Ordre public ». Le maréchal de Mac‑Mahon, en 1879, instaura brièvement l’« Ordre moral ». En 1940, Philippe Pétain lui substitua la devise « Travail, Famille, Patrie ». Si 83 % des Français, en 2023 se déclarèrent attachés à la devise, 54 % d’entre eux donnaient la priorité à la Liberté, devant l’Égalité (29 %) et la Fraternité (17 %). Mais nombre d’entre eux jugèrent sa mise en œuvre défaillante : la Liberté n’existerait pleinement que pour 54 % d’entre eux, la Fraternité pour 35 % et l’Égalité pour 31 %. Tandis que, depuis le 16 juin, le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome est examiné à l’Assemblée, le juriste Benjamin Morel et le politologue Patrick Weil demandent à ce qu’il soit retiré au nom des valeurs historiques de la France. Ce projet de loi propose de reconnaître des droits particuliers en raison d’une « communauté historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à sa terre ». Il crée ainsi, font valoir le juriste et le politologue une hiérarchie entre Français : ceux qui se rattacheront à une communauté corse reconnue, privilégiée, et les autres. Ce serait en rupture radicale et fondamentale avec « les grands principes universalistes qui fondent la République, tout particulièrement le principe d’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction d’origine, de race ou de religion énoncé à l’article Ier de la Constitution ». Hiérarchiser les citoyens au regard d’une appartenance culturelle et y attacher des droits différenciés, c’est la définition juridique du racisme, font-ils valoir. La République encore et toujours à l’épreuve de l’histoire. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Patrice de Moncan et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 5 décembre 2025. 1 : Dans ce premier épisode de leur conversation dédiée aux passages parisiens, Patrice de Moncan et Philippe Meyer s'intéressent aux 16 passages encore passants de la capitale, et à leurs origines à l'extrême fin de l'Ancien Régime. Ils rappellent notamment que c'est bien en France et à Paris que les passages sont apparus pour la première fois, avant de se diffuser dans le reste de l'Europe à la chute de l'empire napoléonien, notamment au Royaume-Uni, où se trouvent encore aujourd'hui le plus grand nombre de passages. S'ils commencent par le coeur des passages les plus anciens, c'est-à-dire le Palais royal, ils s'intéressent aussi aux moins connus, comme le passage des Princes, ouvert en grande pompe par l'entrepreneur Jules Mirès au côté de l'empereur, un mois avant son arrestation. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 12 juin 2026. Avec cette semaine : François Bujon de l’Estang, ambassadeur de France. Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova. LA CAMPAGNE DE JEAN-LUC MÉLENCHON Jean-Luc Mélenchon a choisi, le 7 juin, Saint-Denis pour donner le coup d'envoi de sa quatrième candidature à l'élection présidentielle, entre la basilique cathédrale où furent sacrés quelques-uns des premiers souverains du royaume, et en face de l'hôtel de ville conquis par le candidat LFI, Bally Bagayoko, dès le premier tour des élections municipales il y a trois mois. Jadis universaliste et jacobin, Jean-Luc Mélenchon a approfondi une mue politique engagée depuis plusieurs années : faire de la « Nouvelle France » le cœur de son projet et de sa coalition électorale. La France de 2026 n'est plus celle de 1958. La société a changé dans sa composition, dans la place qu'y occupent les femmes, dans son niveau d'éducation, dans ses structures familiales, dans son rapport au travail comme à l'autorité. Le slogan « on est chez nous », traditionnellement associé au Rassemblement national, a été repris par la foule nombreuse des militants et sympathisants LFI pour signifier non l'exclusion, mais l'appartenance commune à la République. Le rassemblement de Saint-Denis a montré un visage plus maîtrisé du leader insoumis, préférant la démonstration intellectuelle à la polémique permanente, le récit politique à l'invective. Jean-Luc Mélenchon s’est posé en un rassembleur apaisé, et leader à gauche. Sourire, discours resserré, dérapages évités, remisant ses provocations pour renfiler son costume de républicain, le candidat des insoumis à la présidentielle s’est contenté de lire son discours et d’égrener ses fondamentaux politiques : « smic à 1.700 euros » (soit 15 % de plus qu’actuellement), retraite à 60 ans, Sécurité sociale gérée par ses cotisants, règle du « chacun selon ses besoins ». Promettant de déclencher une « révolution citoyenne », de confier le pouvoir au peuple, de restreindre la propriété privée, de taxer les riches pour une meilleure répartition des richesses « entre le capital et le travail », il vise à mettre en œuvre un « projet qu’il définit lui-même comme collectiviste ». S’il est élu, la France quittera l’Otan, recherchera un accord avec la Russie et s’affranchira des règles européennes si elles l’entravent : « Nous décréterons un moratoire sur toutes les directives contraires aux mandats que nous aurons donnés notre peuple », a-t-il annoncé. Plutôt que de sortir de l’Union européenne, il propose « une Europe débarrassée du libéralisme ». Se posant en seul pôle politique clair à gauche, écrasant les socialistes et les verts, qui s'enferrent dans des débats internes illisibles, l'insoumis se place comme la seule alternative au RN. Agé de 74 ans, le tribun, bien que rejeté par 69 % de l'opinion (selon le baromètre mensuel Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale), voit sa popularité grandir au sein de l'électorat de gauche, avec 49 % d'adhésion. Toutefois, si 58 % des 18-24 ans ont une opinion favorable de Mélenchon, le chiffre chute à 14 % pour les 50-64 ans. FORUM DE SAINT-PÉTERSBOURG ET ISOLEMENT DE LA RUSSIE Le 3 juin, à l'ouverture du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, la ville natale de Vladimir Poutine, des drones ukrainiens ont frappé une installation pétrolière et un site militaire à proximité. Les quelque 200 invités de 130 pays ont été accueillis avec un panache de fumée noire en arrière-plan. L’ancien colonel du SVR (les services de renseignements extérieurs), Andreï Bezroukov a vu dans cette attaque un motif de poursuite de l'affrontement. Selon lui, « la Russie restera en état de guerre, et nous devons apprendre à vivre avec pour au moins deux décennies, et cela va façonner deux générations ». Le rendez-vous pétersbourgeois, lancé en 1997 est devenu « international » en 2007. Considéré autrefois comme le « Davos russe », il a changé de visage depuis l’invasion de l’Ukraine. Cette édition a donné la place d’honneur aux Chinois et aux Saoudiens. Il a reçu une délégation économique nord-coréenne, des représentants talibans et quelques figures occidentales. La présence, pour la première fois depuis 2022, d'une délégation allemande et d'élus du parti d'extrême droite de l'AfD a été remarquée. Plus de quatre ans après le début de la guerre contre l'Ukraine, la Russie fait face à de multiples sanctions occidentales, à une inflation élevée, à des coûts d'emprunt prohibitifs et à des pénuries de main-d’œuvre, qui placent son économie dans une situation délicate. Alors que la situation sur le front est proche de l'impasse, l'Ukraine multiplie les frappes sur les dépôts, raffineries de pétrole et oléoducs russes pour priver Moscou de l'une de ses principales sources de revenus. Le PIB russe s'est contracté de 0,2% au cours des trois premiers mois de l'année, selon les statistiques officielles. C’est la première baisse trimestrielle en trois ans. L'Etat a affiché un déficit budgétaire de 80 milliards de dollars au cours des quatre premiers mois de 2026 - soit l'équivalent de 2,5% du PIB annuel et plus que ce qui était prévu pour l'ensemble de l'année. Toutefois, la Russie dispose de certains atouts. C’est l’un des pays développés les moins endettés au monde (environ 16% du PIB) et il dispose d’un fonds souverain d’environ 156 milliards d’euros. Ses exportations d’hydrocarbures connaissent une hausse conséquente depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a bouleversé les marchés énergétiques. Affecté par une popularité en berne et des pertes lourdes sur le front, Vladimir Poutine a minimisé, le 5 juin, les difficultés économiques auxquelles fait face son pays, préférant vanter sa « souveraineté » et ses partenariats avec les pays du Sud. Il a rejeté, l'idée d'une rencontre en tête-à-tête proposée la veille par son homologue ukrainien dans une lettre ouverte, tant qu'un accord final n'aura pas été négocié en amont pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Le forum de Saint-Pétersbourg s’est terminé le 6 juin comme il avait commencé : sous une salve d’attaques de drones ukrainiens. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 7 juin 2026. Avec cette semaine : Nicolas Baverez, essayiste et avocat. Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales. Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 7 juin 2026. Avec cette semaine : Nicolas Baverez, essayiste et avocat. Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales. Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. CHOSE FRANCE OU LOSE FRANCE ? La 9e édition du salon Choose France, sorte de sommet économique qui doit mettre en lumière la capacité du pays d'attirer des projets internationaux, a réuni plus de 200 patrons et investisseurs étrangers au château de Versailles. Cette année l’événement a permis d’annoncer 93 milliards d’euros d’investissements - soit plus que les huit éditions précédentes réunies – au travers de 71 projets, représentant quelque 15.600 emplois. Le géant japonais des investissements dans la tech a promis d'investir jusqu'à 75 milliards d'euros en France, dont 45 milliards pour la construction de trois centres de données dans les Hauts-de-France d'ici à 2031. La disponibilité d’une électricité abondante, stable et décarbonée, grâce au parc de centrales nucléaires d’EDF, a convaincu SoftBank de choisir l’Hexagone. La procédure accélérée dite « fast track » lancée en mai 2025 par RTE, l’opérateur du réseau de transport d’électricité, a également joué. Elle a permis d’identifier huit sites adaptés aux centres de données de plus de 400 mégawatts (MW) et raccordables au réseau plus rapidement qu’avec une procédure classique. Autre mesure pour attirer plus de centres de données : la loi de simplification de la vie économique du 27 mai 2026 leur permet de bénéficier de la qualité de « projet d’intérêt national majeur » qui emporte plusieurs avantages comme la priorisation du raccordement au réseau d’électricité et la simplification des consultations du public. En revanche, la loi prévoit que le permis de construire pourra être refusé en cas de « tensions structurelles sur la ressource en eau », élément dont les centres de données sont extrêmement gourmands. Une attention particulière a aussi été accordée avec succès aux établissements financiers à la recherche d'une terre d'asile dans l'Union européenne après le Brexit : chaque année depuis 2019, le baromètre Ernst et Young (EY) place la France en tête du classement des pays européens les plus attractifs. Toutefois, certains entrepreneurs français ont fini par se lasser de Choose France. Ils auraient souhaité que l'attention accordée avec constance aux groupes étrangers susceptibles d'investir chez nous soit la même pour eux. En novembre dernier, l'Élysée a organisé le premier « Choose France - Édition France » pour mettre à l'honneur les entreprises tricolores qui, elles aussi, choisissent d'investir en France. Elles ont eu droit de se réunir… à la Maison de la Chimie. IA : L’EUROPE PEUT-ELLE NE PLUS DÉPENDRE DES USA ? La Commission européenne a dévoilé mercredi un grand plan pour la « souveraineté technologique », au risque de déclencher un nouveau bras de fer avec les Etats-Unis de Donald Trump. Pour son projet de « reconquérir sa place dans la course mondiale à la puissance géoéconomique », l’UE s'inquiète tout particulièrement de sa dépendance aux géants américains des services informatiques à distance ou « cloud ». Amazon, Microsoft et Google contrôlent 70% du marché européen. Or les services numériques reposant sur des fournisseurs américains, notamment dans la défense, mais aussi la santé pourraient être désactivés via un mécanisme d'arrêt d'urgence (ou « kill switch » en anglais), en cas de crise ouverte avec l'administration Trump. Le plan présenté par la Commission concentre les investissements sur les maillons jugés critiques : la production de semi-conducteurs, le développement de capacités européennes en intelligence artificielle, le stockage et le traitement des données, ainsi que la sécurisation des infrastructures numériques. Les entreprises de l'IA et du cloud pourraient être tenues de fournir des garanties pour décrocher des contrats publics. Pour renforcer la sécurité des données européennes dans certains secteurs critiques, comme la défense, la Commission va exiger que leur stockage ait lieu dans des centres de données appartenant à des fournisseurs européens. Pour combler le retard européen en matière de stockage des données, l’exécutif bruxellois prévoit de tripler les capacités installées au cours des cinq à sept prochaines années, afin d’atteindre 60 gigawatts, contre 12 aujourd’hui. Un investissement estimé à quelque 200 milliards d’euros, incombant essentiellement au secteur privé. Pour optimiser le stockage, une mutualisation des capacités entre États membres est également envisagée sous le label EuroCloud. Sur le volet IA, le texte cible trois domaines prioritaires : la robotique, les applications industrielles et la course aux grands modèles génératifs, celle où s'affrontent ChatGPT, Gemini et leurs rivaux. L'ambition affichée : créer « l'équivalent d'un CERN pour l'IA », un grand programme qui réunirait les meilleurs chercheurs européens autour des machines les plus puissantes, à l'image de ce que le laboratoire de physique de Genève a représenté pour la recherche nucléaire. Ces propositions vont maintenant être débattues au Conseil de l’Europe et au Parlement, avant de revenir d’ici un an vers les Etats membres. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 novembre 2025. 7 : Dans ce dernier épisode, Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer concluent leur série d’entretiens par la reconstitution des rapports entre pouvoir et musique après la Seconde Guerre mondiale. Ils décrivent le rôle essentiel de la radio publique, et l’émergence progressive d’une administration dédiée à la musique. Ils s’attardent sur la querelle entre Pierre Boulez et Michel Landowski, qui révèle deux conceptions musicales et politiques très différentes, alors que les liens entre le pouvoir et la musique se nouent plus étroitement. Peu après, l’implication personnelle des présidents de la Ve République dans la promotion des œuvres de Pierre Boulez sera le symbole que la relation entre le pouvoir et la musique était encore très vivace à la fin du siècle dernier. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 29 mai 2026. Avec cette semaine : Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l’Intérieur. Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors. Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung. L’ENCYCLIQUE DU PAPE C’est le lundi de Pentecôte que le pape Léon XIV a publié sa première encyclique, Magnifica humanitas (magnifique humanité). Un texte de plus de 100 pages, dans lequel il développe une réflexion sur la révolution de l'intelligence artificielle (IA), et ses conséquences sur la dignité humaine. Au Vatican, le pape américain a choisi de présenter lui-même - fait inédit - ce document d'Église qui lance un appel à encadrer et réguler les algorithmes. Le pape y rappelle que la technologie « n'est pas en soi un mal » mais qu'elle « prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la régulent et l'utilisent ». Comme l'IA ne peut « être considérée comme moralement neutre », il convient de la « désarmer » pour « l'empêcher de dominer l'humain », assure le pape augustinien. Rappelant certaines « utilisations manifestement inhumaines » comme la manipulation de l'information ou la violation de la vie privée, le pape insiste sur la nécessité d'un code éthique commun sur l'IA ainsi que sur le rôle crucial de l'éducation pour apprendre à en maîtriser les risques. Il va jusqu'à dénoncer « les nouvelles formes d'esclavage », nées des besoins d'extraction de ressources nécessaires à l'utilisation de l’IA, comme les microprocesseurs. Sur le plan économique, Magnifica Humanitas s'alarme des transformations profondes du monde du travail. L'encyclique dénonce le risque d'une automatisation de masse qui détruirait des millions d'emplois sans offrir de filets de protection sociale adéquats. Le pape américain s'en prend à l'impact éthique et écologique de l'intelligence artificielle, réclamant des solutions techniques plus durables. « Désarmer » l’intelligence artificielle ne signifie toutefois pas de renoncer à la technologie, mais de l’empêcher de dominer l’humain. Cela passe moins par des choix techniques que par la soumission de l’utilisation des données et des technologies à « un contrôle public » et l’affirmation du « rôle irremplaçable de la personne ». Léon XIV prend également position dans un domaine où l’intelligence artificielle fait peser un autre risque de déshumanisation, celui de la guerre. C’est précisément parce que le monde s’engage dans une spirale mortifère banalisant une « culture violente de la puissance » que l’intelligence artificielle doit, selon le pape, faire l’objet d’une régulation internationale. Le constat du pontife est sombre et sa critique, sévère. Il demande une pause, pour recadrer, s’il est encore temps, la vitesse astronomique de l’intelligence artificielle. Deux images bibliques encadrent tout le texte : la tour de Babel, symbole d’une technique coupée de Dieu, et la reconstruction de Jérusalem par Néhémie, figure d’un travail patient ordonné au bien commun. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 novembre 2025. 6 : Dans ce sixième épisode, Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer reviennent sur le groupe des Six et les transformations matérielles de la musique au cours des années 1920 et 1930, alors que la musique enregistrée se diffuse. Les Années folles signent ainsi une collaboration étroite de la musique avec les autres arts, jusqu’à la chute de 1929. Ils rappellent également le rôle important de Romain Rolland en tant que théoricien de la musique, et acteur du monde musical. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 30 avril 2026. Avec cette semaine : Sébastien Fath, sociologue et historien, auteur de Le nouveau pouvoir évangélique (éd. Grasset). Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova. LE NOUVEAU POUVOIR ÉVANGÉLIQUE À l’occasion de Pâques 2026, Donald Trump a relancé la polémique religieuse et politique en attaquant publiquement le pape Léon XIV, premier pape américain, avant de diffuser sur Truth Social une image de synthèse le représentant en Christ guérisseur. L’épisode a provoqué un malaise jusque au-delà des milieux chrétiens, il a choqué la droite religieuse et il rappelle combien la religion demeure un acteur central de la vie publique américaine. Il s’inscrit dans un contexte plus large de recompositions du christianisme mondial, qui ne se joue pas seulement entre Rome et Washington, mais à l’échelle de tous les continents. C’est précisément cette transformation que met en lumière votre livre, Sébastien Fath, Le Nouveau Pouvoir évangélique, consacré à la montée en puissance du protestantisme évangélique. Issu de la Réforme et des grands réveils modernes, ce courant fondé sur la conversion personnelle, l’autorité de la Bible et l’engagement missionnaire rassemblerait aujourd’hui plus de 700 millions de fidèles, dont près de 48 millions de francophones. Longtemps perçu comme américain, il est désormais multipolaire, porté surtout par les dynamiques du Sud global. L’Afrique est devenue l’un de ses principaux centres de gravité, avec des Églises très influentes sur les plans social, éducatif et parfois politique. L’Asie compte environ 220 millions d’évangéliques, l’Amérique latine connaît une expansion spectaculaire, tandis que l’Europe et la France enregistrent une croissance plus limitée mais réelle, avec environ 1,1 million de fidèles aujourd’hui. Toutefois, cette expansion ne signifie pas homogénéité. Aux États-Unis, les évangéliques blancs, longtemps au cœur du conservatisme politique, sont passés d’environ 23 % de la population en 2006 à 13 % en 2023, dans un contexte de forte politisation. Ailleurs, l’évangélisme se déploie sous des formes très diverses, entre megachurches, réseaux numériques, action sociale ou dynamiques migratoires. Il n’existe donc pas un évangélisme mondial, mais une pluralité de trajectoires adaptées aux contextes locaux. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 7 novembre 2025. 5 : Dans ce cinquième épisode, Maryvonne de Saint-Pulgent et Philippe Meyer s’intéressent aux parcours et œuvres de Gossec et Méhul, deux artistes ayant traversé plus ou moins heureusement la Révolution et les soubresauts politiques de l’époque, qui ont complètement transformé la musique officielle. Ils rappellent aussi l’importance de la musique dans les cérémonies de la Révolution et de l’Empire, et l’intérêt de Napoléon pour le contrôle de cet art. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.